mardi 10 novembre 2009

Hype alert!


Après The XX, voici Yeasayer, un autre groupe dont les membres ne sont absolument pas des gravures de mode... C'est que depuis que l'apparition des Strokes en 2001 et la redéfinition de certains des codes esthétiques du rock, on avait fini par oublier que les musiciens pouvaient être des gens plutôt normaux.

Pour revenir à Yeasayer, groupe (hype) de pop (hype) expérimentale (hype) new-yorkais, ne faites pas trop attention à la voix un peu trop "Panic at the disco-ifiante" de leur chanteur ; Ambling Alps vous obsèdera!

dimanche 25 octobre 2009

Trois modèles économiques pour sauver le monde (ou pas)


Le New York Times attirait récemment l’attention de ses lecteurs sur le développement tous azimuts de l’abonnement, une technique de vente pourtant vieille de près de 400 ans. A l’heure où les géants du contenu tentent par tous les moyens de résister face au «monstre internet », qui s’est déjà attaqué à la musique, au cinéma et maintenant au livre, l’abonnement demeure en effet un modèle économique relativement stable -et donc chéri des marketers. Mais si la décision de Rupert Murdoch de réserver depuis peu aux seuls abonnés les articles de certains de ses sites (en particulier celui du Wall Street Journal) a été très médiatisée, il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, le subscription model s’applique à une grande variété de biens et services : presse et télécommunications, bien sûr, mais également location de films, programmes télévisés, centre de remise en forme, livres, automobiles, services internet, etc.
C’est qu’une fois le consommateur ficelé, les recettes tombent régulièrement et l’inertie joue à plein pour que l’abonnement soit reconduit ad aeternam. Le New York Times montre par ailleurs que l’abonnement accélère le processus de « mise à niveau », en ce sens qu’il rend celle-ci moins coûteuse psychologiquement. Ainsi sera-t-on moins réticent à changer régulièrement de téléphone portable si l’abonnement facilite la mise à niveau sous forme de ristournes. En réduisant artificiellement les coûts d’opportunité de chacun, l’abonnement dope donc la consommation.
Ce modèle, qui encourage l’accumulation de biens, est évidemment très critiquable d’un point de vue écologique ; mais même sous un angle strictement économique, l’abonnement n’est guère la panacée. En effet, l’aversion au risque rend naturellement les consommateurs peu enclins à souscrire toutes sortes de contrats. Rares sont ceux, en particulier en période de crise, qui multiplieront les engagements. Et cette méfiance rend les frais de démarchage, déjà élevés, encore plus importants, au risque d’être au bout du compte supérieurs aux gains générés par le recrutement de nouveaux clients.

L’autre modèle économique qui pourrait, aux yeux de certains, révolutionner nos habitudes de consommation, c’est le Pay What You Want (PWYW, ou « payez ce que vous voulez »), dont vous avez sûrement déjà entendu parler. Ici, on laisse au consommateur le soin de fixer lui-même le prix de ses achats. La technique se développe depuis deux-trois ans, de coups médiatiques en coups médiatiques : Radiohead avec leur album In Rainbows en 2007, BrandAlley, site de vente de vêtements en 2008... Nombreux sont désormais les restaurants qui se sont eux aussi essayés à la formule, avec plus ou moins de bonheur. Car si pratiquer le PWYW est encore un excellent moyen d’attirer de la clientèle et de se faire connaître, cela reste une opération risquée qui implique souvent de lourdes pertes à court terme. Pour l’instant, cette technique demeure amplement profitable du fait de sa rareté, mais elle risquerait de perdre tout son attrait si elle venait à se banaliser. Il s’agit donc plus d’un outil marketing à d’utiliser avec parcimonie qu’un modèle économique viable.  A moins qu’en se généralisant à certains secteurs auxquels il est plus adapté (économie de l’immatériel et industrie du divertissement, notamment), il n’y devienne la norme -avec tous les bouleversements économiques et symboliques que cela suppose.

Le dernier modèle, qui concerne plus particulièrement l’industrie culturelle, et me paraît avoir un bel avenir devant lui, c’est celui du micro-paiement. La technique n’est pas révolutionnaire, tant s’en faut : on paye pour obtenir un contenu, et les tarifs sont fixes. La spécificité réside dans la faiblesse du prix et la facilité de règlement de l’achat. Au lieu de débourser une importante somme pour s’abonner pour 6 ou 12 mois à un magazine, le lecteur n’en achètera que quelques articles en ligne, à un coût modique et surtout très facilement. Simplifier au maximum la procédure de paiement, en la réduisant par exemple à un simple clic, permet ainsi de rendre l’achat indolore, voire gratifiant (en ce sens que l’on a le sentiment de payer un prix «juste»). C’est le modèle adopté par Apple pour l’iTunes Music Store, où un morceau se télécharge très rapidement, sans que l’on ait à passer par une interface complexe, génératrice d’incertitude et de perte de temps. Google, Microsoft ou encore Oracle seraient d’ores et déjà en train de plancher sur un tel système pour la presse américaine.

Et vous, quel modèle vous semble avoir de l'avenir?

samedi 10 octobre 2009

V for hype


Vampire Weekend, toujours aussi léger.
Horchata
Vitalic, toujours aussi lourd.
Your Disco Song

dimanche 4 octobre 2009

Auto-espionnez-vous avec Eyebrowse!


Si vous vous sentez l'âme d'un(e) marketer, d'un(e) sociologue ou tout simplement d'un(e) voyeur (euse), Eyebrowse devrait vous combler! Ce petit add-on pour Firefox, développé par des chercheurs du MIT, permet de suivre en temps réel les pages internet visitées par ses utilisateurs. A priori, rien ne le distingue d'un spyware -un programme espion- si ce n'est qu'ici vous êtes à la fois victime consentante et pirate. Une fois installé, le petit logiciel donne en effet accès à une quantité vertigineuse de statistiques, présentées sous forme de graphiques aussi beaux qu'instructifs. Vous pourrez ainsi voir en live qui, parmi les usagers d'Eyebrowse, rêvasse sur Flickr, ou qui passe son temps à parcourir les rubriques du site du Wall Street Journal, à quelle heure Twitter enregistre son pic d'utilisation, ou encore combien de fois par jour est rafraîchie la page d'accueil du Monde.fr...
Eyebrowse est une véritable mine d'informations sur nos pratiques en ligne, en ce sens qu'il s'agit d'un outil similaire à ceux utilisés quotidiennement par les empereurs du web-marketing comme Google. Mais si puissant soit-il, le logiciel du MIT connaît cependant quelques limites.
Tout d'abord, l'échantillon à partir duquel il produit des données demeure peu représentatif, en ce sens qu'il est majoritairement composé de geeks, de chercheurs et de curieux. De plus, Eyebrowse ne prend en compte que l'heure américaine, ce qui fausse bêtement ses statistiques. Enfin, les sites répertoriés ne sont que ceux que l'on donne à voir, car chacun est en effet libre (et heureusement!) de choisir les pages sur lesquelles il veut bien être "suivi".
C'est néanmoins cette dernière caractéristique qui rend Eyebrowse réellement intéressant. En laissant le soin aux usagers de fixer eux-mêmes les règles du jeu, l'add-on pousse à réfléchir aux limites que l'on souhaite donner à sa vie privée, et questionne notre rapport au web en lui-même.


samedi 26 septembre 2009

"Flight to quality" VS "good-enough"

Une étude réalisée par le cabinet de conseil Bain & Company prévoit une chute de 10% des recettes de l'industrie du luxe en 2009, à 153 milliards d’euros. Rien d’étonnant à cela : on sait qu’environ 60% de la demande en produits de luxe vient des aspirational customers, c'est-à-dire des clients occasionnels n’ayant pas les moyens de se payer des total-look Dior tout au long de l'année. Ces consommateurs, appartenant aussi bien à des CSP modestes que moyennes-supérieures, faisaient depuis un peu plus de dix ans le bonheur des grandes marques, qui boostaient leurs marge grâce à leurs entrées de gamme et aux accessoires fabriqués sous licence (ceintures, lunettes, parfums, etc.). Mais avec la crise, cette demande très sensible aux effets de richesse s’est naturellement contractée, faisant perdre au premier semestre 4% de chiffre d'affaires au groupe français Pinault Printemps Redoute (Gucci, Balenciaga, St Laurent) et jusqu’à 16% au conglomérat suisse Richemont (Cartier, Mont-Blanc, Chloé).

D’après The Economist, seuls LVMH et le groupe Hermès semblent avoir échappé au ralentissement, et affichent encore des chiffres de croissance positifs, grâce au statut particulier de leurs marques-phare, Louis Vuitton et Hermès. Les périodes d’instabilité économique transforment en effet ces deux grands noms du luxe en véritables valeurs refuges, le consommateur «lambda» tendant à dépenser moins afin de s’offrir des biens paradoxalement plus chers mais qu’il estime de meilleure qualité (exemple : acheter une veste hors de prix au lieu de deux paires de chaussures abordables).
Il s’agit tout simplement d’une illustration du phénomène bien connu de "flight to quality", créé ici par un important travail marketing. Si les maisons Vuitton et Hermès n’ont pas manqué de se diversifier comme leurs consoeurs, elles l’ont fait sans jamais se fourvoyer en licencing, afin de garder le contrôle sur la fabrication de leurs produits. Par ailleurs, elles se font un point d’honneur à ne jamais faire de remises : trop dégradant. Si cela est commun à de nombreuses grandes marques, qui n’écoulent leurs stocks qu’à l’abri des regards, sur des sites de ventes privées par exemple, Vuitton va plus loin et détruit carrément ses invendus. Et pour maintenir une certaine homogénéité dans leur politique commerciale, Vuitton et Hermès possèdent leurs propres réseaux de boutiques.

A l’opposé du flight to quality se trouve l’autre méta-tendance qui s’est accélérée avec la crise : le "good-enough". Il s’agit pour les consommateurs de revoir leurs attentes à la baisse afin de faire des économies, en optant pour le "pas trop mal" au détriment du "meilleur". Le concept vient du magazine américain Wired, qui l’applique au seul univers des NTIC. Néanmoins, force est de constater que la tendance est plus globale et bien plus ancienne. On n’en compte plus les illustrations depuis quelques années : compagnies aériennes low-cost, net-books (ordinateurs portables de type Ee-pc), hard-discount, etc. La Dacia Logan, avec ses formes grossières assumées et ses finitions bon-marché, est le symbole de cette nouvelle demande en biens de consommation sans prétention, par opposition à des produits essentiellement portés par leur image.
On note d’ailleurs que le "good-enough" est souvent rapproché de la brand defiance (perte de confiance dans les grandes marques), une autre tendance lourde des années 2000. Des entreprises comme American Apparel ont même fortement capitalisé sur ce sentiment de rejet en couplant modèle économique socialement responsable et esthétique minimaliste. Très récemment encore, la marque de vêtements branchée Freshjive a décidé d’abandonner purement et simplement son nom ainsi que son logo. Mais cette dernière initiative tient à mon avis plus du coup médiatique que du manifeste. Qu’en pensez-vous?

dimanche 20 septembre 2009

Le Kanyegate, une semaine après


Je n'avais pas prévu de parler du Kanyegate qui fait beaucoup rire outre-Atlantique, mais comment résister à un bon internet meme?
Vous le savez sans doute déjà, mais le Kanyegate, c'est le surnom donné (en référence au Watergate bien sûr) à la bourde commise par Kanye West lors des derniers MTV Video Music Awards, qui se tenaient il y a exactement une semaine à New York. Tandis qu'une chanteuse country du nom de Taylor Swift se voyait remettre le prix du meilleur clip pour une artiste, notre cher Kanye a débarqué sur scène et s'est emparé du micro pour déclarer, devant des dizaines de millions de téléspectateurs médusés, qu'il était très content pour elle, mais qu'à son (humble) avis c'était le clip de Beyoncé qui aurait dû gagner.
Si les huées du public ont vite eu raison du rappeur, qui s'est plus tard excusé, l'affaire a immédiatement pris des proportions monumentales sur Internet. Par proportions monumentales, on entend bien sûr la sainte trinité du buzz 2.0 : "Twitter qui sature", "les recherches Google qui explosent" et "le serveur de Youtube qui fond". Sans compter le fait que même Barack Obama se soit fendu d'un commentaire, traitant West de "crétin" en aparté d'une interview accordée lundi à la chaîne ABC...
Mais la "consécration" pour Kanye West, c'est l'apparition quasi instantané d'un meme à son image (pour ceux qui auraient oublié ce qu'est un meme je vous renvoie à cet article). Depuis une semaine, les montages vidéo et photo se multiplient autour de sa désormais célèbre tirade : "Yo, I'm very happy for you and Imma let you finish but Beyonce had one of the best videos of all time -of all time!"

Trois remarques :

- Ce n'est pas la première fois que Kanye West gâche une remise de prix. On se souvient notamment du scandale qu'il avait fait en 2006 durant les MTV Europe Music Awards, lorsque la récompense du meilleur clip lui avait échappé au profit de Justice (pour  We Are Your Friends). A l'époque, West avait rapidement fait amende honorable, sympathisant avec les deux frenchy et engageant même So-Me, hypissime graphiste à l'origine de la vidéo de We are Your Friends, pour réaliser le clip d'un de ses singles. Ce qui semble être une véritable habitude a fini par soulever quelques interrogations, et certains se demandent si West ne serait pas atteint du syndrome d'Asperger (une forme d'autisme), ou s'il n'est pas tout simplement alcoolique.

- Au delà, le Kanyegate s'inscrit dans une nouvelle tendance, celle de ce que le site Mashable.com appelle des Youtube moments. Désormais, pas une seule grand'messe télévisuelle sans son "dérapage en direct" qui alimentera la twittersphère et vos conversations à la machine à café pour au moins une semaine. A noter que ces Youtube moments peuvent être aussi impromptus (c'est le cas ici) qu'entièrement mis en scène (cf. la fausse altercation Eminem/Bruno en juin dernier). Le scandale serait-il la nouvelle clé du buzz?

- Enfin, l'extrême rapidité avec laquelle le meme Kanyegate s'est propagé montre que les utilisateurs d'Internet s'approprient toujours plus l'actualité, non seulement pour la commenter mais aussi pour en rire. Pour preuve cette vidéo complètement débile dans laquelle c'est Kanye (à la place du républicain Joe Wilson) qui interrompt Barack Obama en plein discours en faveur d'une réforme du système de santé américain. Les memes ancrés dans l'actualité, par essence plus éphémères que les memes classiques (LOLcats et consorts), seront sans doute appelés à se multiplier dans les mois qui viennent.

mercredi 16 septembre 2009

Crayons à papier et art contemporain

Il paraît que le petit monde de l’art s’ennuie souvent et que tout est bon pour y créer ne serait-ce qu’un semblant d’animation. Pendant longtemps, le meilleur moyen de se divertir était le scandale : une bonne petite œuvre sulfureuse ou une prise de position ultra-radicale, et tout le monde -artistes, critiques, journalistes, public- y trouvait son compte pour quelques mois, voire quelques années. Désormais, les artistes peuvent également amuser la galerie (lol) en se brouillant violemment en public.
Pour preuve, le spectaculaire différend qui oppose depuis un an le britannique Damien Hirst, pape du Brit-Art devenu célèbre avec ses corps d’animaux plongés dans du formol, à un jeune artiste urbain de 17 ans surnommé Cartrain. Cartrain est avant tout grapheur, mais réalise également des collages dans lesquels il détourne l’imagerie pop (Mickey, Clint Eastwood, etc.). Rien de très original là-dedans ; juqu’au jour où le gamin s’approprie, non sans malice, le visuel de For the Love of God, œuvre très controversée de Hirst prenant la forme d’un crâne en platine incrusté de quelques 8601 diamants. Les collages ainsi créés (cf. photo de droite) sont mis en vente sur Internet au prix moyen de 65 livres/pièce (74 euros)... ce qui provoque l’ire de Damien Hirst, qui voit là une atteinte à ses droits d’auteurs, et ne tarde pas à saisir la Design and Artists Copyright Society (DACS) afin de réclamer des royalties. Inutile de dire qu’une attitude aussi intransigeante a fait jaser, car depuis sa très mégalomane vente personnelle du 15 septembre 2008, Damien Hirst est considéré comme l’artiste le plus riche du monde, avec une fortune estimée à 230 millions d’euros. Malgré la sympathie suscitée par Cartrain, les oeuvres incriminées seront retirées de la vente, non sans avoir créé un sacré buzz autour de ce dernier. Un buzz que Cartrain a visiblement décidé d’entretenir : en juillet dernier, le gamin a dérobé une boîte de crayons faisant partie de l’installation Pharmacy, présentée par Hirst à la Tate Gallery. (photo du haut). Peu après cette disparition, le pugnace grapheur a envoyé une lettre à Hirst en le menaçant de les tailler sauvagement s’il ne se pliait pas à ses exigences. Heureusement pour les crayons (qui n’étaient qu’une partie de la gigantesque oeuvre, mais étaient néanmoins estimés en tant que tels à près 563.000 euros), leur propriétaire est revanchard, et Cartrain a été arrêté par la police début septembre. Il s’en tirera sans doute avec une bonne amende et une crédibilité underground accrue.

Que nous apprend cette improbable guéguerre tenant autant du combat David/Goliath que du clash entre 50 Cent et Kanye West? Tout d’abord, que le monde de l’art subit, à l’image de la société dans son ensemble, une juridicisation croissante. Bien sûr, les droits d’auteur ne datent pas d’hier, et protéger la propriété intellectuelle est vital ; mais certaines œuvres ou concepts artistiques sont désormais aussi jalousement gardés que des brevets. Cela est d’autant plus vrai à l’heure des «artistes-entrepreneurs» et «artistes-gestionnaires», ces plasticiens qui ne touchent plus réellement à leurs œuvres et se contentent de les concevoir et d’en laisser l’exécution et la diffusion à leur staff.
Car, au delà, le monde de l’art est désormais une véritable industrie, comme peuvent l’être le cinéma ou la pop music. Si, les gens ne semblent s’en être rendus compte qu’avec la récente installation à Versailles de sculptures de Xavier Veilhan (cf. photo de gauche), dont le seul coût de production atteindrait les 850.000 euros, la tendance est plus ancienne et se retrouvait déjà dans la Factory d’un Warhol. Ce sont les années 90 qui auraient néanmoins accéléré la tendance et entraîné ce changement de paradigme. L’art, comme on se plaît à le dire dès qu’il y a un peu trop de queue au musée, serait devenu un objet de grande consommation, avec ses blockbusters, les grandes expositions draînant des centaines de milliers de visiteurs (Picasso au Grand Palais, Kandisky à Beaubourg) ses superstars (Hirst, Koons, Eliasson, Buren, etc.) et ses produits dérivés plus ou moins bon marché.

La première conséquence de ce nouveau paradigme, c’est que si l’on veut percer aujourd’hui, mieux vaut s’y connaître un minimum en self-marketing. Cartrain l’a apparemment bien compris. Pour ceux qui ne se sentent pas d’aller jusqu’au vol d’oeuvre, les outils de promotion se multiplient sur Internet, à l’image d’Arlo, une sorte de Myspace pour artistes.
La seconde conséquence de cette «industrialisation» de l’art, c’est le rapprochement progressif de l’art contemporain et de son «frère bâtard» le design. Théoriquement opposées par la distinction  classique entre art et technique, les deux disciplines tendent pourtant à se  rejoindre, et ce depuis toujours. Aristote n’avait qu’un terme (technê) pour désigner à la fois «création artistique» et «savoir-faire», et cette continuité fait sens aujourd’hui, en ce sens que l’art actuel fait appel aux technologies les plus avancées tandis que le design s’est affirmé depuis l’après-guerre comme un puissant vecteur d’expression artistique. C’est ainsi que les frères Bouroullec, designers très en vogue, exposent en galerie, tandis que l’oeuvre d’un Takashi Murakami trouve son extension naturelle dans des sacs à main Vuitton. Le milieu du design lui-même n’échappe pas au star-system : la BBC2 lance cette semaine sa nouvelle émission de télé-réalité, intitulée Design for Life, dans laquelle le très télégénique Philippe Starck part à la recherche d’un successeur, sur le modèle de The Apprentice.

Faut-il voir dans ce gigantesque mélange des genres le déclin tant de fois annoncé de l’Art? Non, bien sûr : tous les artistes ne sont pas de richissimes rockstars, et beaucoup en sont restés à des supports de création plus modestes mais tout aussi féconds. Certains optent même pour une approche low-fi, plus traditionnelle et directe, en réaction à cette tendance. Par ailleurs, n’oublions pas que l’image de l’artiste en tant que génie seul face à son chevalet est quelque peu romantique : les grands maîtres étaient souvent épaulés par de nombreux apprentis.
En réalité, ce processus d’industrialisation de l’Art peut être envisagé comme une chance. S’il conduit et conduira sans doute à des excès (spéculation, déshumanisation des œuvres), c’est également l’occasion pour l’art de s’immiscer partout, de l’exposition la plus grandiose au bien de consommation le plus trivial, donnant ainsi un peu plus de relief à notre vie quotidienne.
Mais peut-être suis-je naïf. Qu'en pensez-vous?

NB : je ne suis pas spécialiste de l'art contemporain, juste amateur. Si je me trompe quelque part, n'hésitez pas à m'en faire part...

mercredi 9 septembre 2009

La réalité virtuelle, c'est out!

La réalité virtuelle a fait son temps! C’est le prestigieux hebdomadaire britannique The Economist qui le dit. Finis, donc, les RPG en ligne, Second Life et les lunettes 3D vous immergeant dans un environnement à la Tron? Presque. Car s’il n’est pas question ici de sonner le glas des jeux vidéos, force est de constater que la réalité virtuelle -rien que l’expression sonne déjà rétro-futuriste- n’a pas su tenir toutes ses promesses et n’est pas plus intégrée dans la vie de tous les jours que la domotique révolutionnaire (vous savez, l’aspirateur qui se passe tout seul en votre absence, etc.) que l’on nous fait miroiter depuis des années.
Pour les experts, la nouvelle hype c’est la réalité augmentée, c’est à dire la superposition au «monde réel» d’informations obtenues par voie numérique. En d’autres termes, le moindre de vos faits et gestes sera bientôt accompagné par l’électronique afin -théoriquement- de vous faciliter la vie. Par exemple, si vous vous baladez près de la tour Eiffel, votre téléphone le saura et se muera instantanément en audioguide, vous indiquant au passage les points d’accès au monument, les temps d’attente avant d’y monter, ainsi que l’ensemble des baraques à frites dans un rayon de 3 kilomètres. De tels services existent depuis des années au Japon mais ne se développent que depuis peu en Occident, grâce à l’explosion des smartphones ainsi que de l’internet et du GPS mobiles. La polyvalence de l’iPhone et ses capacités de géopositionnement en ont ainsi fait le héraut d’une révolution déjà bien engagée.
Les plus utopistes des geeks rêvent déjà, dans un élan quasi pan-humaniste, d’un monde où la technologie achèvera (enfin!) d’intégrer l’homme à son environnement en lui fournissant en permanence toutes les clés pour mieux l’appréhender en s’en servir. Sans aller jusque là, notons tout de même que la réalité augmentée, de par sa rapide expansion et les possibilités infinies qu’elle semble offrir, est déjà l’objet de toutes les attentions au sein de l’industrie de l’information et plus particulièrement chez les publicitaires.
D’où les tentatives récentes d’imposer en France les codes QR, ces codes-barres nouvelle génération (en deux dimension au lieu d’une auparavant) censés, une fois photographiés avec un téléphone, vous envoyer directement sur un site internet ou vous transmettre des données comme un numéro ou un court message. Un procédé depuis longtemps rentré dans les mœurs au Japon (toujours), où ces petits carrés pixélisés fleurissent sur les panneaux, les affiches, dans les pages des magazines, sur les paquets de gâteaux...
J’ai téléchargé le logiciel de lecture de QR-code pour mon téléphone et... ça marche parfaitement! Reste à voir si le public occidental -et a fortiori français- adoptera rapidement cette technologie afin de la faire passer du rang de gadget-qui-mange-de-la-batterie à celui d’élément du quotidien.

Pour télécharger gratuitement le logiciel de reconnaissance de QR-codes, allez sur reader.kaywa.com avec votre téléphone portable (s'il n'est pas compatible on vous le dira). Pour les possesseurs d'iPhone, je suppose qu'une demi-douzaine d'applications sont déjà disponibles sur l'App store.

lundi 31 août 2009

Madonna + Paul Oakenfold = BOOM!

Amateurs d'eurodance n'osant pas avouer leur penchant pour les grosses nappes de synthé qui tachent, réjouissez-vous! Après Calvin Harris, c'est à Madonna de rendre, avec l'aide de Paul Oakenfold, votre addiction moins honteuse. Celebration est le premier single inédit issu du best of éponyme, à paraître fin septembre.

jeudi 27 août 2009

Synth + pop = synth-pop

Voici ce que j'ai pu écrire à ma soeur à propos de Los Feeling, single du groupe britannique Visitor :

Grosse hype c'est la synth-pop la plus putassière du monde, c'est trop genre "laser + étoiles + étoiles filantes, le tout au ralenti + vue en plongée + zoom arrière". Énorme.

Vous verrez, vous comprendrez après avoir écouté le morceau. Ou pas.
(mais je maintiens : grosse hype, bien que leur esthétique soit encore moins originale qu'un t-shirt H&M).