dimanche 21 avril 2013

La révolution numérique n'est pas seulement technologique



J’ai récemment eu l’honneur d’être convié à un groupe de réflexion présidé par Jacques Attali sur l’économie positive. C’est ainsi que je me suis retrouvé mêlé à une trentaine de jeunes au parcours variés mais toujours placés sous le signe de l’engagement et du développement durable. Objectif de cette «commission junior» : réfléchir, en parallèle à un groupe d’experts composés d’intellectuels, de politiques et de grands patrons, à des propositions afin d’alimenter un nouveau rapport Attali, qui sera remis à François Hollande lors du prochain LH Forum, à l’automne.

Mon rôle dans un ce groupe est celui de «communicant de l’étape», mais comme vous vous en doutez, j’ai préféré parler du thème qui me tient le plus à coeur : l’impact du numérique et les possibilités qu’il offre pour transformer notre quotidien. 


samedi 9 mars 2013

L'émergence d'un "ego-marketing"?



Vous avez probablement vu cette surcouverture apposée sur le Direct Matin du 8 mars. A l’occasion de la journée de la femme, Adopteunmec.com y rend hommage à un certain nombre de filles de tous horizons : des connues, des moins connues, des politiques, des entrepreneuses, des artistes, des journalistes, des amies...

Si l’on imagine mal Michelle Obama se fendre d’un tweet pour remercier à son tour l‘équipe du site de rencontre, il n’est pas étonnant de voir que la couv a bien tourné dans la twittersphère francophone, portée par des heureuses élues qui n’avaient manifestement pas été prévenues (exemples : Bérengère Krief, Dora Moutot ou Diane Lisarelli). Un très beau PR stunt.


dimanche 3 février 2013

La carte numérique et ses territoires


Combien de fois par jour vous servez-vous de cartes numériques? Sans doute beaucoup. Rechercher une adresse sur son ordinateur ou dégainer son téléphone, pour organiser un long trajet comme pour trouver le métro le plus proche, est devenu un réflexe qui en dit long sur la révolution silencieuse en cours.


dimanche 13 janvier 2013

L'innovation est-elle en panne? (réponse : pas vraiment)



L’innovation a-t-elle atteint un plafond de verre après deux siècles de progrès techniques fulgurants? C’est la question qui agite sociologues, économistes et futurologues en ce début d’année.

Internet Actu s’est récemment fait l’écho des craintes du penseur britannique Richard Jones, qui déplore l’absence d’inventions majeures, capables de réellement changer le quotidien. De son côté, The Economist consacre cette semaine un long dossier à ces enjeux. On y retrouve notamment les thèses de l’économiste américain Tyler Cowen, pour qui la crise actuelle est l’arbre qui cache la forêt, car l’innovation serait en panne et les gains de productivité en berne. Pour Cowen, il y aurait de moins en moins de croissance endogène.

De nombreux experts se sont déjà penchés sur la question. Certains avancent l’idée que nous avons déjà inventé tout ce qui pouvait répondre à nos besoins primaires (nourriture, habitation, transport), ce qui limiterait de facto les chances de créer de nouveau quelque chose de révolutionnaire.

Pour les économistes Benjamin Jones et Pierre Azoulay, l’innovation est également ralentie par ce  qu’ils appellent le «fardeau de la connaissance», c’est-à-dire l’accumulation de connaissances à intégrer avant de créer quoi que ce soit. On peut ajouter à ce fardeau celui des innombrables brevets et lois à prendre en compte... Pour Thomas Jamet, enfin, l’innovation tournerait au ralenti car nous ne sommes plus animés du «feu sacré», jadis entretenu par les auteurs de science fiction, qui pousse à créer et nous dépasser.

Mais la vraie question ici c’est «quelle définition donne-t-on à l’innovation?» 


vendredi 21 décembre 2012

Ce que le "Insta-gate" dit de nous

  "Tiens Instagram, tu peux réutiliser librement cette photo", dixit le journaliste Olivier Tesquet
Vous le savez sans doute : Instagram s'est récemment trouvé au cœur d'un scandale après avoir annoncé un changement de ses conditions d'utilisation. En cause : quelques mots interprétés comme traduisant la volonté de revendre les photos de ses utilisateurs sans les rémunérer. Résultat : des millions de status, tweets, et billets de mécontentement, et autant de déclarations de boycott de la célèbre plateforme de photographie. Encore aujourd'hui, beaucoup d'utilisateurs et de médias comme National Geographic, qui a suspendu son compte jusqu'à nouvel ordre, restent dubitatifs quant à la protection de leurs données malgré les démentis de son fondateur Kevin Systrom. En réalité, Instagram ne touchera pas aux photos mais compte bien monétiser les interactions de ses membres avec les marques qui y feront de la publicité.
Ce qui me frappe, c'est à quel point "l'Insta-gate" ressemble point par point à un autre scandale qui a secoué le Web 2.0 il y a à peine 3 mois. 



samedi 24 novembre 2012

La guerre des titans du Digital

Facebook sur Twitter (subtile mise en abyme)
Il est loin le temps où Twitter était le réseau social le plus minimaliste du Web! En effet, ses créateurs multiplient les services annexes. Il travaillent désormais sur une application de photo vintage et testeraient de nouveaux boutons "like" pour remplacer la fonction "tweet favori". Des changements qui font suite au lancement l'année dernière de pages de marques et à l'introduction d'une interface moins austère et plus visuelle.

Vous avez remarqué? Twitter se "Facebookise"!



dimanche 28 octobre 2012

Portrait de l'artiste en mathématicien

O time thy Pyramids Book 1, 2012
Le weekend dernier, pendant qu'Ai Weiwei dansait sur Gangnam Style en guise de pied de nez au régime chinois, je suis allé à la Fiac — qui n'a jamais aussi bien porté son nom de foire tant le Grand Palais était vibrant de monde, de bruit et de chaleur. J'y ai découvert le travail de l'artiste berlinois Timo Nasseri.


samedi 13 octobre 2012

Génération(s) Y et monde du travail


Alexander Calder, The Y, 1960
Vendredi matin j'étais au Hub Forum, gigantesque pince-fesses 2.0 réunissant de nombreux décideurs du numérique, des médias et de la pub.
J'ai notamment assisté à une table ronde très intéressante sur les rapports particuliers qu'entretient la génération Y avec le monde de l'entreprise. Sur scène pour discuter de ce sujet, quelques habitués de la question : Francoise Gri,  présidente de Manpower Europe du sud, Yves Grandmontagne, DRH de Microsoft France et surtout Alexandre Malsch, fondateur du groupe média digital meltyNetworks, aussitôt étiqueté "régional de l'étape" par l'animateur David Abiker. Et pour cause : Malsch n'a que 27 ans... ce qui ne l'empêche pas d'être a la tête d'un mini-empire qui attire 11 millions de visiteurs par mois et vient de boucler une levée de fonds qui n'a rien a envier à celles de ses modèles californiens.

Sweat capuche à la Zuckerberg et phrasé étudiant, Malsch se prête avec plaisir au jeu des questions, bien qu'il précise d'emblée que l'expression "Génération Y" lui semble trop fourre-tout. Pour le reste, on n'a rarement entendu entrepreneur plus décomplexé, voire carrément iconoclaste... On apprend notamment que son groupe embauche ses collaborateurs à des salaires 25% moins élevés que sur le marché afin de ne recruter que des passionnés!
Mais le plus décoiffant, c'est sa position quant à la traditionnelle séparation des sphères professionnelle et privée. Malsch se demande pourquoi les gens ornent souvent leurs bureaux de photos de famille mais ne décorent pas leur maison de photos de collègues. Et le renversement des valeurs ne s'arrête pas là, puisque meltyNetworks à transformé l'expression "TGIF" (Thank God It's Friday -signifiant littéralement "heureusement qu'on arrive en fin de semaine") en "Thank God It's Monday", méga-petit déjeuner d'équipe qui donne envie de retourner au boulot le lundi matin.

Pour le "Y" que je suis, cette conception aussi inédite que radicale de l'entreprise fait sens. Ma génération est née dans l'hypermodernité, état de perte de repères généralisée et, maintenant qu'elle est arrivée à l'âge de raison, réinvente ses propres règles. En découlent de nouveaux rapports à la vie privée, à l'Autorité, au Temps, à l'Art, tous caractérisés par le brouillage des pistes. Le pro et la famille s'entremêlent, la séparation entre art et commerce s'estompe, on cherche davantage à s'inscrire dans un projet plus que dans une hiérarchie...

Reste deux problèmes. D'une part, cette vision est surtout valable dans une poignée de secteurs, comme le Digital ou la publicité, où les frontières sont floues depuis déjà longtemps. Parce ce que ce sont justement ces secteurs qui ont pignon sur rue médiatiquement parlant, cela crée un biais.

Par ailleurs —et je rejoins Alexandre Malsch sur ce point— elle sous-entend que la génération Y est monolithique, ce qui est absolument faux. Le terme "génération" peut s'entendre dans un sens purement démographique (l'ensemble des personnes nées dans un laps de 20 à 30 ans) et c'est en partie sur cette définition qu'a été construite le concept de "génération Y". Mais on sait également que la génération est avant tout un construit social fondé sur un événement commun (par exemple : mai 68). Or, à l'heure de l'accélération de l'information et des phénomènes socio-culturels, ces "événements communs" se multiplient. Dès lors, difficile de dire si la Gen Y est celle de la chute du mur de Berlin, de la micro-informatique, du 11 septembre ou du Web 2.0...
Il n'y a donc pas une mais de très nombreuses générations Y, ce qui explique qu'il n'y a pas un mais une multitude de rapports aux monde de l'entreprise. Comprendre que les Y n'ont pas les mêmes attentes professionnelles que leurs aînés est déjà une bonne chose mais il faut désormais intégrer cette hétérogénéité des générations.

Qu'en pensez-vous?