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dimanche 7 avril 2019

The ONE thing that could actually work out in the Accenture/Droga5 union



Like everyone in the advertising industry, I’ve been trying very hard to wrap my mind around Accenture’s surprise Droga5 acquisition, announced on Thursday.

I have seen tens of (more-or-less nuanced) analysis pieces and hundreds of (not-so-nuanced) comments on Fishbowl and Twitter about it. I’m certain you have too so apologies in advance for this one; I’ll make it quick.

Apart from the irony that, while every advertising pundit declares the agency holding model dead, the already 450,000-strong Accenture is building up a brand new one from scratch, I remain skeptical about the consultancy’s ability to integrate, let alone nurture, Droga5’s and other independent shops’ creative culture. Don’t get me wrong: I am confident Accenture will leave maximum freedom to its ad agencies roster. However, consultancies’ model is about plugging in different know-hows to devise frameworks and scale them up, while sheer creativity is often messy and difficult to replicate at scale, which means it could get inefficient in the long term.

However, it has suddenly struck me that maybe we naysayers are too focused on Accenture’s shopping spree's impact on the “mere” communications industry. If one takes a step back, there’s actually one field in which a Droga/Accenture collaboration might work tremendously. A field that could be much more profitable: actual consumer product development. And by “actual”, I mean real, tangible BtC products and services, not two-day workshops and fancy innovation units developing disruptive ideas but which remain mostly PR-oriented.

Chutzpah and rigorousness, ideas and execution

This is one field neither consultancies nor agencies have managed to fully explore. As communications and consulting people, we are very good at explaining why other products are incredibly successful or fail miserably. The thing is, we seldom invent them ourselves. It is because most of the time, we only cover one portion of the value chain.

Actually, consultancies have the ability and the discipline to secure a business plan, then prototype and develop services, plus the clout required to take ideas up the decision ladder. On the other hand, communications people have of course creativity and chutzpah on their side, but also something else that is often overlooked: the ability to deeply understand people and dig up insights to exploit. Except this time, consumer knowledge would not only be used to adjust communications about already existing products ­ — it would be the very basis for new products. If put together, both sides could finally cover the complete value chain and transform R&D across numerous industries.



Of course, this is a very long shot. To work, such a venture would mean hiring people from very different backgrounds than advertising, consumer research or consulting. It would mean bringing more engineers, scientists and retail experts in so as to turn neat PowerPoint concepts into real-world products. And above all, it would mean taking much more financial risk. But still, being able to fully externalize R&D for major brands or even create one’s own products could represent an incredible payoff in the long run. Could the next Glossier, the next Airbnb, come from a communications company?


lundi 4 septembre 2017

Comment la transformation des interfaces homme/machine va révolutionner la relation entre le consommateur et la marque

Je souhaite ici formaliser une réflexion qui m’obsède et que je précise de réunion client en réunion client depuis la sortie il y a plusieurs mois de notre dernier rapport de tendances Age of Immersion.
Trois phénomènes numériques se développent aujourd’hui en parallèle :
  • D’une part, les machines voient leur intelligence artificielle progresser de manière exponentielle, notamment grâce aux avancées du machine learning ;
  • D’autre part, les objets connectés tels que les smartphones, télévisions, enceintes, voitures ou montres prennent peu à peu place dans notre quotidien. Surtout, ils commencent (enfin) à échanger entre eux, ce qui leur offrira bientôt une grande connaissance contextuelle ;
  • Enfin, les interfaces homme/machine se font chaque jour plus naturelles grâce à l’utilisation de capteurs sophistiqués de reconnaissance vocale, de chaleur, de mouvement, de micro-expressions, etc. Si les interfaces « classiques », reposant sur des écrans et des boutons ne disparaissent pas, elles devraient se faire de plus en plus discrètes en s’intégrant dans tous les objets du quotidien voire en prenant des formes nouvelles, comme des lunettes de réalité mixte.
L’incarnation de ce triple phénomène, c’est bien entendu le spectaculaire succès des assistants virtuels à la Alexa, Siri ou Google Assistant : des interfaces invisibles auxquelles on s’adresse dans une langue simple et naturelle. Grâce à l’AI, ces programmes apprennent à mieux nous comprendre et nous connaître à chaque nouvelle requête. En outre, la liste de leurs fonctions ne cesse de s’allonger à mesure qu’elles s’interconnectent entre elles (Amazon et Microsoft viennent ainsi de signer un partenariat afin de permettre à Alexa et Cortana de communiquer) ou avec d’autres services comme Uber, Shazam ou Kayak.

Plus important encore : ces trois phénomènes sont liés et se renforcent mutuellement. Parce que les objets connectés sont bardés de capteurs et communiquent, ils gagnent en intelligence contextuelle. Parce que cette technologie est de plus en plus intelligente, on peut interagir avec elle de manière toujours plus intuitive et elle nous rend des services toujours plus importants. Parce qu'elle est de plus en plus intuitive et utile, elle s'intègre toujours plus profondément dans tous les aspects de notre quotidien. Et parce qu'elle s'intègre toujours plus profondément, nous interagissons avec elle sans même nous en rendre compte — jusqu’à ce qu’elle finisse par simplement anticiper nos besoins.

La technologie va progressivement se faire omniprésente et omnisciente. Cette révolution discrète pourrait rapidement changer notre manière de travailler, communiquer ou consommer.

En effet, une grande partie de nos interactions avec la technologie est aujourd’hui encore délibérée, directe et tangible : pour obtenir une information ou réaliser une tâche, on pianote un clavier, on swipe un écran tactile ou l’on donne des ordres par la voix. Demain, en revanche, une immense partie des tâches sera automatisée grâce à l'omniscience de la technologie. Plus besoin alors de demander, les machines nous connaîtront suffisamment pour prendre les devants pour nous.
  • Votre voiture donnera l’ordre à votre porte de parking de s’ouvrir et allumera automatiquement les lampes de votre salon s’il fait nuit ;
  • Votre matelas calculera votre température corporelle et ajustera automatiquement la climatisation de la chambre pour optimiser vos cycles de sommeil ;
  • Votre agenda numérique programmera votre réveil, préparera du café et commandera automatiquement un taxi s’il repère que vous prenez l’avion anormalement tôt pour un voyage d’affaires.
Est-ce à dire que les interfaces classiques, tangibles, vont disparaître ? Non — simplement qu'à l'avenir, ces interfaces seront minoritaires et secondées par des interfaces invisibles et intangibles, créées par l'interaction “en fond” des plateformes technologiques entre elles.

Pour mieux visualiser cette répartition des tâches, pensez à un iceberg. La partie émergée représente les interactions homme/machine directes et tangibles. La partie immergée, quant à elle, est beaucoup plus importante et réunit les interactions indirectes entre plateformes. Les deux pôles ne cessent d’échanger des informations ou des ordres.

Pour les annonceurs et les médias, les répercussions de ce nouveau modèle sont potentiellement immenses.

En effet, à l’heure où le digital et le monde réel se confondent complètement, chaque interface homme/machine devient de facto une interface consommateur/marque.
Cela présente d’abord un risque majeur pour les outsiders. Une part importante des achats récurrents devrait être à terme automatisée. Dès lors, l’automatisation favorisera les marques déjà achetées, exacerbant les différences ente leaders et challengers de chaque catégorie. Si un fabricant de shampooing parvient à pénétrer la partie immergée de l’iceberg, il bénéficiera en quelque sorte d’une rente liée à l’automatisation. Inversement, il sera de plus en plus difficile pour des marques ou produits challengers de se faire une place sur une liste de courses.

L’une des possibilités pour entrer dans la partie immergée sera de conclure des accords avec les propriétaires des plateformes technologiques afin qu’ils favorisent tel ou tel produit : “je paie Amazon ou Google afin qu’ils vendent un priorité mon shampooing, quitte à faire en outre des promotions”. Il s’agit là d’une réactualisation du travail de négociation déjà à l’œuvre entre les grands distributeurs et les marques, si ce n’est qu’ici, les intermédiaires ont changé et leur pouvoir devrait aller croissant avec l’automatisation.

L’autre possibilité, c’est de créer des écosystèmes serviciels liant interfaces tangibles et intangibles. Car ce nouveau paradigme technologique et marketing est en effet porteur d’une immense opportunité : dépasser le seul produit pour créer une relation ancrée dans le quotidien, plus intime et plus durable avec les clients.

L’avenir repose donc sur l’échange permanent entre ces interfaces émergées, que l’on connaît déjà en partie, et immergées, qui restent à définir en liant diverses plateformes pour répondre à des besoins consommateurs.

Quelques pistes :
  1. Je réserve un billet d’avion et des hôtels pour me rendre dans un pays étranger. Immédiatement, mon compte New York Times m’envoie un résumé de l’actualité sociale, économique et culturelle du dit-pays ces 12 derniers mois et me propose de me donner des bons plans locaux issus de sa rubrique Travel. Si j’accepte, ces informations pourront ensuite être transmises au service de conciergerie rattaché à ma carte bancaire.
  2. Je reçois chaque mois une crème visage sur-mesure L’Oréal concoctée par des algorithmes et des experts en prenant en compte mon style de vie, mon âge, mon type de peau, etc. Si mon compte L’Oréal observe une explosion des voyages d’affaires ces derniers temps, il adaptera automatiquement le cocktail pour lutter contre la fatigue et me proposera de réserver à prix préférentiel un traitement dans un SPA près de chez moi ou directement sur place lors de mon prochain déplacement.
  3. Je regarde sur ma télévision un court-métrage d’un réalisateur prestigieux pour le nouveau parfum Guerlain. Automatiquement, la publicité ordonne à mes lumières connectées de se baisser et prendre une couleur bleu profond afin de créer une expérience immersive. Si je regarde la vidéo jusqu’au bout, on me propose de déposer un échantillon dans ma boîte aux lettres sous deux heures ou, si je suis reconnu comme client fidèle de la maison, de me rendre à la soirée de lancement pour discuter avec un maître parfumeur.
  4. Mon compte Marmiton communique avec ma cuisine intelligente et me propose des recettes en fonction de mes réserves. Il peut aussi m’indiquer d’acheter des ingrédients supplémentaires et me mettre en relation avec d’autres utilisateurs à proximité pour leur emprunter les ustensiles de cuisine qui pourraient me manquer.
  5. Ma Volkswagen a besoin d’une révision. Elle consulte mon agenda numérique et programme un rendez-vous dans une période où je ne risque pas d’en avoir besoin. Le jour J, un coursier vient la chercher et la remplace par un modèle plus récent et correspondant à mes besoins. S’il me plaît, je peux choisir de le garder au-delà de la période de prêt de remplacement, voire de l’acheter avec une belle reprise.
On le voit : les possibilités sont innombrables. Plus les plateformes et sources de données seront interconnectées, plus les marques et médias pourront créer des services nouveaux qui les ancreront dans le quotidien de chacun.

Si cette transformation sera progressive, la technologie étant loin d’être prête, il nous faut la préparer dès maintenant. Médias et marques devront multiplier les accords et replacer leurs produits au cœur d’écosystèmes technologiques et marketing plus vastes et plus riches. Une réflexion d’autant plus vitale qu’elle pourrait permettre, à terme, une remise à plat bienvenue du contrat marque/média/consommateur.



jeudi 23 juin 2016

Of frustration under palmtrees

Frustration as a mechanism of survival for the advertising industry

 

Advertising is an industry plagued by frustration. We always joke that account directors are frustrated strategists while strategic planners are frustrated creatives and creatives are frustrated artists. Basically, everyone tries to do someone else’s job.

Such frustration has gone even further in the last few years. After trying to do one another’s jobs inside their industry, advertisers and marketers are now exploring new businesses outside of it.
For instance, I’ve been attending the 63rd Cannes Festival of Creativity for a few days now and this year it feels different. From fashion to coding, from philanthropy to contemporary art, from music to filmmaking, it seems like every advertising exec aspires to do anything but advertising.
Some will see it as conceit or even hubris (“these marketers really think they can do whatever they want”). Other will laugh at the irony of such a situation: after all, advertising is all about creating need and frustration… But there is more to this than whim or bloated egos. In fact, in the advertising industry, frustration is no less than a survival mechanism.

Media, advertising and marketing professionals now live under constant threats such as the rise of digital monster-companies, atomization of touchpoints and of course massive consumer distrust. They’re told all day long that the “good ol’ times” of marketing are behind them and that they will eventually lose their [meaningless] job if they don’t transform it.

This feeling of urgency is accentuated by the fact that these professionals are deeply confident in their ability to build great and more concrete things. The real beauty of the advertising industry is that they are few businesses that young and open-minded, where so many different characters, cultures and minds mingle. These are people with countless know-hows, willing to use all of them. These are people with huge hopes and ambitions. These are people who feel a dire need to join forces to bring something else to the world — art, ideas, products, you name it — and save themselves in the process. I won’t deny advertisers and marketers are often infatuated with themselves but the truth is they are the most beautifully frustrated crowd one can get. And Frustration is precisely what will drive them to reinvent whole industries from inside out.

Back to Cannes Lions. Keynote sessions in the Palais des Festival are punctuated by 15-minute breaks during which they blast music in auditoriums. On Monday, you could hear all day a massively cheesy and uplifting song by the EDM act Alesso. The song is called “(We could be) Heroes”.



jeudi 12 novembre 2015

Les publicitaires se sont-ils vraiment fourvoyés dans le numérique ?


Trop nostalgique et trop simpliste, la tribune au vitriol de Ian Leslie rappelle néanmoins combien la publicité reste un art subtil et fragile

Ces derniers jours, une tribune-fleuve signée Ian Leslie a fait le tour des médias sociaux. Et pour cause : ce papier au vitriol, intitulé « How the mad men lost the plot », déplore la fin de la « grande publicité ». Pour Leslie, les annonceurs et leurs agences se seraient fourvoyés ces quinze dernières années, leurrés par les promesses de ROI et d’interactivité des supports numériques.
La thèse de Leslie est intéressante en ce qu’elle suscite le débat et fait écho à une opinion de plus en plus répandue — ou de plus en plus audible — chez les directeurs marketing. Et si, finalement, le Digital n’était qu’un miroir aux alouettes qui nous a conduit à oublier les fondements-mêmes de ce qui fait une belle campagne ?

Cependant, cet article me semble extrêmement simpliste.

Tout d’abord, il est trop empreint de nostalgie pour un supposé « âge d’or de la publicité » qui se serait étiré des années 70 aux années 90. Décidément, les périodes fastes sont toujours derrière nous, pas de bol ! Pour appuyer ses propos, Leslie rapporte avec gourmandise ceux de la légende de la pub Jeff Goodby, qui aurait trouvé le dernier festival des Cannes Lions ennuyeux et comparable à un salon dédié aux professionnels de la couverture. J’ai eu la chance de me rendre à Cannes cette année, où j’ai pu assister à la « conférence » donnée par Goodby et son associé Rich Silverstein. En lieu et place d’une keynote inspirante, le public a eu droit à une discussion de trois quarts d’heure durant laquelle les deux compères ont tranquillement descendu une bouteille de vin en enchainant les anecdotes sur leurs exploits passés. C’était sympathique mais paresseux. Jeff Goodby incarne un modèle de publicité que nous aimons tous : de la folie, des « big ideas » vraiment « big » et des ambitions plus grandes encore. C’est ce même modèle qui a pu nous pousser à envisager une carrière dans la publicité. Mais c’est un modèle voué à se transformer, qui est désormais défendu par une génération de pubards un peu trop accrochés à leurs souvenirs.

Par ailleurs, le papier de Ian Leslie est un véritable panégyrique à la Télévision. Et les panégyriques sont rarement tout à fait honnêtes… Certes, la TV demeure encore aujourd’hui le média le plus puissant et l’un des plus ROIstes. Mais le petit écran décrit par Leslie, c’est celui de la publicité « I’d like to teach the world to sing » lancée en 1971 par Coca-Cola, celui du Superbowl ou celui des publicités de Noël de John Lewis. Commençons par comparer les meilleures audiences Nielsen aux Etats-Unis en 1971–1972 et celles de 2014–2015 :





La part de marché des plus grosses émissions a été divisée par trois en quarante ans ! Aujourd’hui, la fragmentation des publics rend plus difficile la création et la diffusion de méga-campagnes comme celles que regrette Leslie.

Par ailleurs, si le Superbowl continue de rassembler plus de 100 millions de personnes par édition, son caractère totémique vient justement du fait qu’il n’a lieu qu’une fois l’an — et qu’il s’agit bien du seul moment où les téléspectateurs regardent volontairement des spots qui ont été créés pour l’occasion… De même, le succès de John Lewis est indéniable mais il est entièrement construit sur la période des fêtes, courte et propice aux dispositifs médias spectaculaires. La chaîne de grands magasins a investi quelque 7 millions de Livres en média sur cette seule campagne ! Autant dire que la télé de Ian Leslie est au mieux une rareté, au pire un lointain souvenir…

Par ailleurs, Leslie souligne que 87% de l’écoute TV se ferait en live au Royaume-Uni. C’est peut-être vrai, mais c’est passer sous silence les 13% restants et ignorer les bouleversements actuels des usages TV, qui se font de plus en plus délinéarisés et individuels. On s’oriente probablement vers un monde TV à deux vitesses : une immense majorité de programmes regardés « à la carte » et une poignée de programmes événements capables de réunir de larges audiences au même moment, et au même endroit, qui se feront de plus en plus rares et convoités par les annonceurs.

Autre problème : pour appuyer son réquisitoire anti-Digital, Ian Leslie s’appuie sur les recherches du professeur Byron Sharp, qui a montré dans son essai How Brands Grow que les marques ont, contre toute attente, intérêt à essayer de recruter très largement des acheteurs occasionnels plutôt que de tout miser sur leurs consommateurs fidèles. Pour Leslie, les supports numériques sont incapables de recruter de manière large puisqu’ils s’adressent aux personnes déjà clientes ou du moins déjà intéressées par le produit. Cette affirmation est particulièrement surprenante lorsque l’on connaît l’incroyable variété des leviers numériques. Bien évidemment, une recherche Google ne sert pas vraiment à faire de la présence à l’esprit. Mais quid d’une campagne sur Instagram, d’un habillage événementiel d’une homepage ou d’une vidéo en pré-roll, calibrés en fonction du profil de l’utilisateur ? Réduire le rôle du Digital à « entretenir la relation avec le consommateur existant » est un peu grossier.

Au-delà, Leslie montre que la publicité TV revient à « gaspiller de l’argent pour mieux en gagner », c’est-à-dire à adresser un message à une cible bien plus large que les vrais acheteurs potentiels en misant sur des retombées futures. C’est une démonstration assez juste mais qui pourrait très bien s’appliquer aux pages Facebook que l’auteur voue pourtant aux gémonies. Sur les 94 millions de fans de Coca-Cola, peu sont de véritables « fans » achetant tous les jours une bouteille de deux litres. En revanche, beaucoup sont des consommateurs occasionnels exposés de temps à autres à un message de la marque.

Enfin, en opposant frontalement Digital et Télévision, Ian Leslie reste bloqué sur un modèle publicitaire en silos dans lequel les campagnes ne sont jamais intégrées. Un véritable non-sens en 2015, où les points de contacts sont plus que jamais connectés entre eux et se complètent. Une campagne TV comme « Man on the moon » de John Lewis, qui succède à « Monty the Penguin », a d’abord été lancée sur Youtube et Facebook, où elle cumule plus de 17 millions de vues en moins d’une semaine. Et la marque a pris soin de l’accompagner d’une application pour smartphone et de nombreuses actions sur les réseaux sociaux…

***

On le voit : la tribune de Ian Leslie est très fragile par de nombreux aspects. En revanche, elle vise très juste sur un point.

Ce point, c’est que la mesure parfaite de la publicité n’existe pas. Cela fait des décennies que les marketeurs tentent de comprendre ce qui marche ou ne marche pas en publicité grâce à diverses techniques : observation des comportements des consommateurs, sondages, économétrie, neurosciences et plus récemment l’analyse à grande échelle des données numériques. Avec plus ou moins de succès… La révolution numérique, et a fortiori celle des Big data, porte une nouvelle fois l’espoir d’une publicité érigée en science exacte et infaillible. Néanmoins, et comme le souligne l’auteur, il est impossible d’atteindre un telle objectivité car la publicité est soumise à bien trop de facteurs humains et donc subjectifs.

Au-delà, si la quête d’instruments de mesure toujours plus précis est nécessaire, elle doit rester un moyen plus qu’une fin. En effet, céder au sirènes de la pure technique, c’est risquer la destruction de valeur et s’exposer tôt ou tard à être dépassé par un concurrent plus malin, plus souple et plus rapide…

Par ailleurs, tout miser sur la technique pousse aussi à faire des choix stratégiques court-termistes et instables. Or, construire une marque et lui donner une place dans le quotidien des consommateurs prend du temps et exige beaucoup de patience. Réduire une stratégie publicitaire aux seuls outils de mesure en temps réel nuit à la cohérence de marque et donc, sur le long terme, à son business. En d’autres termes, la publicité ne doit pas chercher à être une science de l’instant et accepter qu’elle tient plus de l’artisanat, avec sa part de faiblesses mais aussi sa part de beauté.



lundi 21 avril 2014

Fortuneo et ING Direct : deux annonceurs, une seule campagne ?


Que se passe-t-il quand deux annonceurs concurrents communiquent de manière identique et en même temps ?

Il se passe ça :


Deux créas très proches aussi bien dans leur concept que leur ton et leur esthétique. Et deux spots diffusés en simultané en direction —évidemment— du même public...


lundi 16 décembre 2013

Votre coiffeur est une machine à insights



Si vous pensez que les coiffeurs n’aiment que les conversations stériles autour de la météo ou des prochaines vacances, c’est que vous ne leur posez pas assez de questions ! C’est ce que j’ai fini par comprendre la semaine dernière en discutant au bac à shampooing.


samedi 9 mars 2013

L'émergence d'un "ego-marketing"?



Vous avez probablement vu cette surcouverture apposée sur le Direct Matin du 8 mars. A l’occasion de la journée de la femme, Adopteunmec.com y rend hommage à un certain nombre de filles de tous horizons : des connues, des moins connues, des politiques, des entrepreneuses, des artistes, des journalistes, des amies...

Si l’on imagine mal Michelle Obama se fendre d’un tweet pour remercier à son tour l‘équipe du site de rencontre, il n’est pas étonnant de voir que la couv a bien tourné dans la twittersphère francophone, portée par des heureuses élues qui n’avaient manifestement pas été prévenues (exemples : Bérengère Krief, Dora Moutot ou Diane Lisarelli). Un très beau PR stunt.


samedi 15 septembre 2012

Quand Microsoft donne dans le disruptif

Chez Microsoft, nouveau logo pour une nouvelle ère?
Le 20 août, Apple est devenue la première entreprise au monde par sa capitalisation. Un événement qui ne doit pas faire oublier que le record absolu date de 1999 et appartient encore à Microsoft, longtemps resté synonyme de "world company" aussi étudiée et admirée que crainte et critiquée.

Moins de 15 ans après son apogée, Microsoft paraît méconnaissable. Certes, Windows continue d'équiper 92% des ordinateurs, le monde tourne encore grâce à des tableaux Excel et la Xbox 360 s'est vendue à quelque 67 millions d'exemplaires, mais la firme de Redmond a perdu de son lustre en ratant le virage de la mobilité. Résultat : dans un monde post-PC, le grand méchant loup de l'ère Bill Gates s'est effacé derrière le triumvirat Google/Apple/Amazon.



dimanche 29 juillet 2012

Le sponsoring en question

Logo des jeux oimplycs de Lodnon 2012 (sic)
Avant même que la flamme olympique n’atteigne le stade de Londres vendredi dernier, les Jeux 2012 faisaient déjà l’objet de vives polémiques. En cause, la place et les privilèges accordés aux marques partenaires de l’événement. En effet, Visa et McDonald’s, deux des principaux sponsors du CIO, ont été critiqués pour avoir verrouillé leurs marchés respectifs au sein du village olympique (en gros : possesseurs de MasterCard et/ou amateurs de sandwiches maison, passez votre chemin). De même, le LOCOG, l’autorité chargée d’organiser les Jeux de Londres, s’est appuyé sur un véritable mini-arsenal législatif pour lutter contre les utilisations "non autorisées" du symbole ou même de la devise des Jeux olympiques avec un zèle confinant à la paranoïa (jusqu’à demander à un pauvre charcutier de retirer un panneau représentant les 5 anneaux en chapelets de saucisses...).


lundi 12 mars 2012

L'Odyssée de Cartier et le retour des longues pub


Dimanche 4 mars, j'ai regardé avec quelques 8,2 millions de personnes le mégaspot de Cartier diffusé sur TF1. 3 minutes 30 secondes à suivre les pérégrinations un brin kitsch de la panthère emblème de la marque, soit l'équivalent de 7 publicités classiques mises bout à bout! Le roi des joailliers s'est fait pour l'occasion roi du prime-time en privatisant un écran complet, stratégie assez rare et d'autant plus spectaculaire qu'elle a été déployée simultanément dans 29 pays avec force battage médiatique. Une campagne d'envergure exceptionnelle dans tous les sens du terme (la seule production aurait coûté 4 millions d'euros selon Les Echos).

Reste que, quelques minutes plus tard, TF1 diffusait une publicité pour la nouvelle Peugeot 107 ; un spot aux couleurs acidulés, très girly... et deux fois plus long que la moyenne! De quoi relativiser -un peu- l'effet coup de poing de "l'Odyssée de Cartier"...



dimanche 26 février 2012

Demain, tous créateurs, tous artistes?

Espoirs brisés sur Yahoo! Q&A
Près de mon boulot se trouvent les locaux d'une boîte arborant la signature créateur de performance. Non non, je ne compte pas vous tenir un discours de vieux con sur combien la com accouche de concepts vides de sens —ça serait assez mal venu... Simplement, je souhaiterais revenir sur notre rapport particulier au statut d'artiste.


mardi 7 février 2012

10 Grandes Vérités d'agence de pub, part. 2

Merci Getty Images d'avoir à jamais associé le concept de "buzz" à des blaireaux 
faisant mine de se chuchoter des trucs  intéressants dans l'oreille.

Il y a quelques semaines, nous faisions l'inventaire aussi acide qu'attendri des "grandes vérités" que les publicitaires (dont votre serviteur) se répètent entre eux à longueur de journée.
Voici une nouvelle fournée d'aphorismes en vigueur dans toute agence qui se respecte!


mardi 3 janvier 2012

Rêver l'agence de demain

Extrait de la vidéo de présentation du projet 50/50
Et si on rêvait un peu en cette période de vœux? Pour ma part, je fais (entre autres) le rêve d'une agence de com d'un nouveau genre.


mercredi 7 décembre 2011

10 Grandes Vérités d'agence de pub

J'avoue : j'ai tapé "Don Draper + cat" dans Google Images...
Il paraît que pour faire du trafic et générer des tweets vers son blog, il suffit de multiplier les classements du genre "les 10 techniques infaillibles pour déstresser" ou "les meilleures photos de chiens déguisés en bananes"... Étant donné que j'ai fait fuir la moitié de mes lecteurs avec mes considérations verbeuses sur la crise et ses implications en matière de communication (pour les retardataires : part.1, part. 2 et part.3), je suis obligé de faire un peu de racolage et verser moi-même dans l'art (pas si) subtil du Top 10. Ça tombe bien : cela va faire quelques semaines que je rêve de faire l'inventaire des "Grandes Vérités" que l'on répète à tout bout de champ en agence de publicité. 



dimanche 20 novembre 2011

L'innovation contre la crise (Com de crise, 3)

Leo Cullum - The New Yorker
Cela n’aura pas échappé aux pubards ou amateurs de nouvelles technologies parmi vous : Orange et Publicis créeront un fonds d’investissement commun l’année prochaine. Le projet, dévoilé début novembre et portant encore le nom de code "Gazelle" (lol), sera doté d’une enveloppe de 300 millions d’euros sur 10 ans, à répartir entre diverses start-ups européennes. Par ailleurs, moins d'une semaine après cette première annonce, Orange s'associait à PSA, Total et SNCF pour créer Ecomobilités Ventures, autre fonds dédié quant à lui à la mobilité et au développement durable.


dimanche 6 novembre 2011

Le retour du bon sens (Com de crise, 2)



Martin Parr, Common Sense, 1995-99

A défaut d'être "la chose au monde la mieux partagée", l'idée de "bon sens" fait beaucoup parler d'elle depuis quelques semaines. On a bien sûr en tête la dernière campagne d'image du Crédit Agricole, qui a ressuscité fin septembre sa plateforme historique introduite en 1976 et sans cesse réactualisée depuis, mais également la sortie de Le Bon sens en politique, essai de Christian Jacob. Enfin, Philosophie Magazine consacre dans son numéro de novembre une longue et très bucolique enquête sur le "bon sens paysan". 


mardi 5 octobre 2010

La fondation Guggenheim et le brand content culturel

La fondation Guggenheim a annoncé vendredi dernier qu'elle s'associait à BMW pour créer un véritable think-tank itinérant. Le projet, baptisé BMW-Guggenheim Labs, s'étalera sur une période de six ans divisée en trois sessions. À chaque session, le think tank se déplacera dans 3 villes différentes aux quatre coins du monde (vous suivez? si non, il y a une vidéo qui récapitule tout ici) dans une structure entièrement démontable et remontable. Il s'agit pour la marque automobile et la fondation d'art de réunir des experts, des leaders locaux et des citoyens autour des enjeux de mobilité de d'urbanité. Parallèlement aux ateliers de réflexion, des expositions et autres manifestation seront organisées dans les villes hôtes.


samedi 18 septembre 2010

Vers la décennie du jeu?

Je voudrais vous parler de mon obsession pour le jeu. Non pas le jeu d’argent, ni le jeu en tant qu’activité réservée aux gamins ou aux dimanches en famille, mais le jeu comme nouveau média.


lundi 16 août 2010

Deux-trois trouvailles, 3

Une nouvelle sélection de petits liens. Bonne lecture!


samedi 10 juillet 2010

Télévision et Internet : vraie-fausse synergie?

Une récente étude réalisée par l'institut Nielsen pour le compte de Yahoo! confirme ce que tout le monde avait sans doute déjà remarqué : surfer sur Internet tout en regardant la télévision est devenu une seconde nature pour les ¾ des américains.
Du coup, les producteurs se prennent à rêver de synergie TV/Internet renforcée du genre séries TV prolongée par des contenus  online  > buzz et audience accrues, ou publicité TV renvoyant à un site internet > efficacité maximale.
Le problème, comme le relève le magazine MediaWeek, c'est que les choses ne sont pas aussi simples...