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mardi 9 octobre 2018

Have we already reached “peak subscription”​?


Some of you already know that I’m really interested — if not obsessed — with the issue of value creation in the new premium content economy.

Recently, several articles caught my attention and got me wondering whether we were witnessing the beginning of a new phase in the current revolution.

Until 2018, the meteoric rise of Spotify’s global membership, Netflix’s soaring pop culture footprint and the NYT’s miracle return to profitability all converged towards one hope: maybe paid subscription was the model of the future, the one thing that could simultaneously save the media, curb intrusive advertising and usher us into a new golden age of TV, music or cinema.

However, a recent report from the equipment firm Sandvine highlighted an interesting phenomenon that was quickly picked up by Motherboard: content piracy seems to be slightly on the rise again. Why? Because the subscription model is so popular that all producers want their slice of the pie and now consumers cannot keep pace with the explosion of exclusive contents and siloed services anymore.

It’s true that things have gotten pretty complex. Each platform now offers multiple plans with various options and sharing possibilities and its has become impossible to access all the best shows/podcasts/music/games/you-name-it at once without spending hundreds of dollars per year. Once disrupted by a few all-you-can-eat players such as Netflix, the content landscape seems to be gradually coming back to being opaque and expensive. And it’s just the beginning: Disney’s acquisition of 21st Century Fox, Comcast’s bid on Sky and the digital giants’ war on talents (think Apple or Amazon’s multi-million exclusivity deals) all point towards more and more walled gardens. Therefore, since consumers’ bank accounts are not as unlimited as Spotify’s catalogue, one should expect a more fickle relationship to paid subscription. According to the consultancy Park Associates, the churn rate for over-the-top video services in America is already over 50%, with the notable exception of Netflix and Amazon Prime. In an ever complex landscape, media players’ main goal will soon be about securing a place among the few un-quittable platforms.

THE RISE OF TWO SUB-MODELS IN THE SUBSCRIPTION REALM

However, don’t go thinking peak subscription means the end of subscription. Expect rather the acceleration of two different sub-models.

First, the return of free, ad-backed content. You read that right — the age of subscription could eventually lead to a partial return of good ol’ advertising backed content. Actually, advertising was never really gone but more and more players are contemplating alternative formulas to lure cash-strapped consumers into their ecosystems. Amazon is reportedly working on a free content app that could benefit from its extraordinary database and its direct connection to e-commerce. Before being acquired by the satellite radio giant SiriusXM, the freemium music service Pandora had bought AdsWizz, an adtech firm specialized in audio advertising. Spotify, which currently has 100 million “free” users, is enjoying substantial growth from video advertising. Finally, advertising-supported video platforms such as Roku are taking off in the US. Against all odds, advertising could remain the prime way to access content, at least not the most premium one.

Second, expect to see more and more bundled offers, providing users with several services at once for a unique fee. For instance, Spotify is already partnering with Hulu and Showtime in a joint $4.99 offer reserved for students and rumours about a Music+Shows+Cloud bundle from Apple are mounting. Some are even foreseeing the rise of “super-bundles”, combining not only media but also real world experiences such as travel or theme parks.

This model represents the best of both worlds. For users, it means lower prices and greater simplicity. For companies, it means super-loyal consumers locked up in all-inclusive ecosystems in which A.I. and recommendation would play a major role.

However, such an approach is incredibly costly as it demands massive amounts of cash to operate various services and subsidize recruitment, at least at launch. This could result in an (even more) oligopolistic market where only a handful of players — Apple, Disney, Amazon, Google… — would dominate everything.

The subscription revolution has only begun but just like a gripping Netflix show, it certainly won’t be as simple and linear as one thinks!


mercredi 6 avril 2016

Existe-t-il une esthétique de la Génération Y ?

Ces jours-ci sort Quarter Life Poetry, un recueil de poésie parodique signé par la publicitaire Samantha Jayne. Cette femme de 25 ans a commencé par dépeindre les vicissitudes de sa vie de jeune adulte sur Instagram, sous forme de quatrains aussi drôle que délicatement illustrés. 90.000 abonnés plus tard, elle s'est vue comme d’autres success stories du Web proposer un contrat d'édition pour transposer son travail dans un livre.

Une photo publiée par Quarter Life Poetry (@quarterlifepoetry) le

Si Quarter Life Poetry est un objet littéraire sympathique doublé d’un beau produit marketing qui se vendra par palettes entières dans tous les Urban Outfitters du monde, on peut aussi y voir un témoin de l'époque. Avec son humour acide et son auto-dérision hypertrophiée, Samantha Jayne pourrait être la petite sœur d'une Lena Dunham ou d'une Amy Schumer. Par ailleurs, les médias américains la décrivent volontiers comme l’archétype du "Millennial", cette fameuse génération née entre 1980 et 2000 qui obsède tout le monde depuis 10 ans. Se pourrait-il que son livre porte en lui une “esthétique de la Génération Y” ? Si une telle esthétique existe, elle ressemble en tous cas à sa synthèse particulière entre culture classique et culture populaire, entre angoisse et désinvolture et bien sûr entre enfance et âge adulte.
Une photo publiée par BETCHES (@betches) le

Jayne n'est pas la seule à construire cette “esthétique Millennial”. D’innombrables comptes Instagram comme ceux de Betches, Fuck Jerry ou BeigeCardigan, qui rassemblent chacun des millions d'abonnés et sont devenus des médias à part entière, contribuent aussi à la nourrir. On y retrouve les mêmes contenus dupliqués ad libitum : captures d'écran, photos de séries ou de films, memes... Les thèmes abordés y sont également proches : libération sexuelle en cours, job compliqué, finances en berne, besoin de faire partie d'un groupe social, difficulté à couper le cordon avec les parents et beaucoup, beaucoup d'alcool. Autant d’éléments contribuant à renforcer une image de Génération Y paradoxale et instable, à la fois rebelle mais conformiste… et surtout paumée.

Une photo publiée par The Daily Raze (@thedailyraze) le

Parvenir à fixer les fondamentaux d'une génération à travers les médias qu'elle a elle-même inventés ; l'idée est séduisante. Il faut néanmoins se garder de tout raccourci. Ces comptes sont porteurs d'une esthétique qui demeure occidento-centrée et délibérément grotesque, ce qui participe de la caricature de la génération Y dans laquelle versent bien souvent les médias. Une caricature qui concerne d'ailleurs plus souvent les femmes (qui demeurent les principales utilisatrices d’Instagram), souvent dépeintes comme frivoles et passant leur temps à se crêper le chignon entre deux cocktails un peu trop chargés… Il est néanmoins intéressant de voir qu’ici, ce sont les échecs et les vices qui sont valorisés, comme un pied de nez aux images parfaites et ultra-contrôlées que les réseaux sociaux favorisent généralement.

Une photo publiée par Elliot Tebele (@fuckjerry) le


Au final, une seule chose demeure certaine : si tant est que la Génération Y existe, son esthétique se caractérise avant tout par l'importance du collage et du partage. Comme une mise en abîme d'un monde où plus rien ne se crée mais tout se transforme.

Cet article a d'abord été publié sur Medium


jeudi 12 novembre 2015

Les publicitaires se sont-ils vraiment fourvoyés dans le numérique ?


Trop nostalgique et trop simpliste, la tribune au vitriol de Ian Leslie rappelle néanmoins combien la publicité reste un art subtil et fragile

Ces derniers jours, une tribune-fleuve signée Ian Leslie a fait le tour des médias sociaux. Et pour cause : ce papier au vitriol, intitulé « How the mad men lost the plot », déplore la fin de la « grande publicité ». Pour Leslie, les annonceurs et leurs agences se seraient fourvoyés ces quinze dernières années, leurrés par les promesses de ROI et d’interactivité des supports numériques.
La thèse de Leslie est intéressante en ce qu’elle suscite le débat et fait écho à une opinion de plus en plus répandue — ou de plus en plus audible — chez les directeurs marketing. Et si, finalement, le Digital n’était qu’un miroir aux alouettes qui nous a conduit à oublier les fondements-mêmes de ce qui fait une belle campagne ?

Cependant, cet article me semble extrêmement simpliste.

Tout d’abord, il est trop empreint de nostalgie pour un supposé « âge d’or de la publicité » qui se serait étiré des années 70 aux années 90. Décidément, les périodes fastes sont toujours derrière nous, pas de bol ! Pour appuyer ses propos, Leslie rapporte avec gourmandise ceux de la légende de la pub Jeff Goodby, qui aurait trouvé le dernier festival des Cannes Lions ennuyeux et comparable à un salon dédié aux professionnels de la couverture. J’ai eu la chance de me rendre à Cannes cette année, où j’ai pu assister à la « conférence » donnée par Goodby et son associé Rich Silverstein. En lieu et place d’une keynote inspirante, le public a eu droit à une discussion de trois quarts d’heure durant laquelle les deux compères ont tranquillement descendu une bouteille de vin en enchainant les anecdotes sur leurs exploits passés. C’était sympathique mais paresseux. Jeff Goodby incarne un modèle de publicité que nous aimons tous : de la folie, des « big ideas » vraiment « big » et des ambitions plus grandes encore. C’est ce même modèle qui a pu nous pousser à envisager une carrière dans la publicité. Mais c’est un modèle voué à se transformer, qui est désormais défendu par une génération de pubards un peu trop accrochés à leurs souvenirs.

Par ailleurs, le papier de Ian Leslie est un véritable panégyrique à la Télévision. Et les panégyriques sont rarement tout à fait honnêtes… Certes, la TV demeure encore aujourd’hui le média le plus puissant et l’un des plus ROIstes. Mais le petit écran décrit par Leslie, c’est celui de la publicité « I’d like to teach the world to sing » lancée en 1971 par Coca-Cola, celui du Superbowl ou celui des publicités de Noël de John Lewis. Commençons par comparer les meilleures audiences Nielsen aux Etats-Unis en 1971–1972 et celles de 2014–2015 :





La part de marché des plus grosses émissions a été divisée par trois en quarante ans ! Aujourd’hui, la fragmentation des publics rend plus difficile la création et la diffusion de méga-campagnes comme celles que regrette Leslie.

Par ailleurs, si le Superbowl continue de rassembler plus de 100 millions de personnes par édition, son caractère totémique vient justement du fait qu’il n’a lieu qu’une fois l’an — et qu’il s’agit bien du seul moment où les téléspectateurs regardent volontairement des spots qui ont été créés pour l’occasion… De même, le succès de John Lewis est indéniable mais il est entièrement construit sur la période des fêtes, courte et propice aux dispositifs médias spectaculaires. La chaîne de grands magasins a investi quelque 7 millions de Livres en média sur cette seule campagne ! Autant dire que la télé de Ian Leslie est au mieux une rareté, au pire un lointain souvenir…

Par ailleurs, Leslie souligne que 87% de l’écoute TV se ferait en live au Royaume-Uni. C’est peut-être vrai, mais c’est passer sous silence les 13% restants et ignorer les bouleversements actuels des usages TV, qui se font de plus en plus délinéarisés et individuels. On s’oriente probablement vers un monde TV à deux vitesses : une immense majorité de programmes regardés « à la carte » et une poignée de programmes événements capables de réunir de larges audiences au même moment, et au même endroit, qui se feront de plus en plus rares et convoités par les annonceurs.

Autre problème : pour appuyer son réquisitoire anti-Digital, Ian Leslie s’appuie sur les recherches du professeur Byron Sharp, qui a montré dans son essai How Brands Grow que les marques ont, contre toute attente, intérêt à essayer de recruter très largement des acheteurs occasionnels plutôt que de tout miser sur leurs consommateurs fidèles. Pour Leslie, les supports numériques sont incapables de recruter de manière large puisqu’ils s’adressent aux personnes déjà clientes ou du moins déjà intéressées par le produit. Cette affirmation est particulièrement surprenante lorsque l’on connaît l’incroyable variété des leviers numériques. Bien évidemment, une recherche Google ne sert pas vraiment à faire de la présence à l’esprit. Mais quid d’une campagne sur Instagram, d’un habillage événementiel d’une homepage ou d’une vidéo en pré-roll, calibrés en fonction du profil de l’utilisateur ? Réduire le rôle du Digital à « entretenir la relation avec le consommateur existant » est un peu grossier.

Au-delà, Leslie montre que la publicité TV revient à « gaspiller de l’argent pour mieux en gagner », c’est-à-dire à adresser un message à une cible bien plus large que les vrais acheteurs potentiels en misant sur des retombées futures. C’est une démonstration assez juste mais qui pourrait très bien s’appliquer aux pages Facebook que l’auteur voue pourtant aux gémonies. Sur les 94 millions de fans de Coca-Cola, peu sont de véritables « fans » achetant tous les jours une bouteille de deux litres. En revanche, beaucoup sont des consommateurs occasionnels exposés de temps à autres à un message de la marque.

Enfin, en opposant frontalement Digital et Télévision, Ian Leslie reste bloqué sur un modèle publicitaire en silos dans lequel les campagnes ne sont jamais intégrées. Un véritable non-sens en 2015, où les points de contacts sont plus que jamais connectés entre eux et se complètent. Une campagne TV comme « Man on the moon » de John Lewis, qui succède à « Monty the Penguin », a d’abord été lancée sur Youtube et Facebook, où elle cumule plus de 17 millions de vues en moins d’une semaine. Et la marque a pris soin de l’accompagner d’une application pour smartphone et de nombreuses actions sur les réseaux sociaux…

***

On le voit : la tribune de Ian Leslie est très fragile par de nombreux aspects. En revanche, elle vise très juste sur un point.

Ce point, c’est que la mesure parfaite de la publicité n’existe pas. Cela fait des décennies que les marketeurs tentent de comprendre ce qui marche ou ne marche pas en publicité grâce à diverses techniques : observation des comportements des consommateurs, sondages, économétrie, neurosciences et plus récemment l’analyse à grande échelle des données numériques. Avec plus ou moins de succès… La révolution numérique, et a fortiori celle des Big data, porte une nouvelle fois l’espoir d’une publicité érigée en science exacte et infaillible. Néanmoins, et comme le souligne l’auteur, il est impossible d’atteindre un telle objectivité car la publicité est soumise à bien trop de facteurs humains et donc subjectifs.

Au-delà, si la quête d’instruments de mesure toujours plus précis est nécessaire, elle doit rester un moyen plus qu’une fin. En effet, céder au sirènes de la pure technique, c’est risquer la destruction de valeur et s’exposer tôt ou tard à être dépassé par un concurrent plus malin, plus souple et plus rapide…

Par ailleurs, tout miser sur la technique pousse aussi à faire des choix stratégiques court-termistes et instables. Or, construire une marque et lui donner une place dans le quotidien des consommateurs prend du temps et exige beaucoup de patience. Réduire une stratégie publicitaire aux seuls outils de mesure en temps réel nuit à la cohérence de marque et donc, sur le long terme, à son business. En d’autres termes, la publicité ne doit pas chercher à être une science de l’instant et accepter qu’elle tient plus de l’artisanat, avec sa part de faiblesses mais aussi sa part de beauté.



vendredi 3 avril 2015

Les groupes médias sont morts, vive les groupes médias hybrides !

"Benno's TVs" par Stephen Cole
Vous l’avez sûrement remarqué : depuis plusieurs mois, le paysage média se transforme à vue d’œil sous l’effet d’un double phénomène.

Tout d’abord, on assiste à une montée en puissance de nouveaux acteurs venus du numérique dont le dynamisme et l’ambition sont si grands que l’on ne saurait les qualifier de simples «pure players». Qu’on l’aime ou non, des acteurs comme Buzzfeed (dont je parlais déjà il y a quelques mois), Upworthy ou Playbuzz font bouger les lignes de la presse, aussi bien dans le fond (nouveaux publics, nouveaux thèmes, nouveaux modèles économiques) que dans la forme (nouveaux modes de narration, nouveaux leviers marketing). De même, les géants du Web tentent à leur manière de repenser les modes de production et diffusion des contenus comme Yahoo! avec son application News Digest ou Snapchat avec son service Discover.

Pour autant, cette effervescence ne signifie pas que les grands médias historiques restent apathiques voire se laissent faire. Au contraire : après des années d’observation et de tâtonnements, ils sont désormais particulièrement actifs et multiplient les acquisitions chez les pure players.
Dreamworks a ainsi racheté la chaîne Youtube AwesomenessTV en mai 2013 pour 33m$, avant d’en revendre 25% à Hearst en décembre 2014, pour plus de 81m$ (notez la plus-value sympathique). De même, Disney a fait l’acquisition de Maker Studios pour 500m$ en mai 2014 tandis que RTL s’est offert la chaîne Stylehaul pour 107m$ quelques mois plus tôt. Plus proches de nous : Canal+ a pris de une participation de 60% dans Studio Bagel il y a un an et Prisma n’en finit plus de racheter des startups, dont la régie vidéo Advideum début 2014 ou encore le développeur Recatch il y a quelques jours.


mardi 12 août 2014

Buzzfeed et Vice, deux approches du journalisme mais une seule (énorme) ambition

 

Début juillet, Buzzfeed annonçait travailler sur une nouvelle application uniquement dédiée au décryptage de l'actualité. Un projet qui s'annonce ambitieux, puisque le pure player compte y affecter pas moins de six journalistes à temps plein. En effet, son créateur, Jonah Peretti, souhaite en faire un outil d'expérimentation pour bousculer les modèles traditionnels de journalisme et privilégier une approche de l'information plus simple et adaptée aux usages mobiles.


dimanche 13 juillet 2014

Le monde numérique marche-t-il sur la tête?



Acte 1
Mi-juin, une application du nom de Yo fait les gros titres de la presse techno et économique. Lancée en avril par deux développeurs israéliens, ce service franchement simpliste qui ne permet d'échanger que des "yo" a tout de même réussi à boucler un tour de table de 1,2 million de dollars ! Résultat : l'appli explose et attire plus d'un million d'utilisateurs en une semaine, les experts dissertent sur le caractère révolutionnaire -ou pas- d'une telle invention et les marketeurs s'engouffrent dans la brèche. Les créateurs de Yo disent désormais travailler avec de nombreux développeurs pour enrichir leur service et l'intégrer à d'autres.



jeudi 29 mai 2014

Les trois leçons de Facebook Messenger



Il y a peu de chances que vous y ayez échappé. Depuis un mois, Facebook promeut de manière très agressive Messenger, son application maison de messagerie instantanée. D’abord présentée comme une alternative à la fonction InBox du réseau social, Messenger est subitement devenue obligatoire pour des centaines de millions d’utilisateurs. Impossible désormais d’accéder à vos conversations depuis l’application Facebook «historique» : il vous faut télécharger Messenger en parallèle !

Cette décision, qui a provoqué à juste titre l’ire des internautes, est loin d’être un hasard. Elle nous apprend —ou rappelle- trois choses.


jeudi 2 janvier 2014

Bitcoins, Dogecoins et mutations de la monnaie

Le Dogecoin, une bonne blague qui a pris des proportions inouïes

2013 aura vu l'explosion du Bitcoin, monnaie virtuelle couplée à un système de paiement en ligne. Journalistes, économistes et investisseurs se sont relayés toute l'année pour analyser et commenter ce phénomène, alimentant au passage une impressionnante bulle spéculative qui a multiplié la valeur d'un BTC par 78 en 12 mois.

Sur le papier, la crypto-devise inventée en 2009 par un collectif de programmeurs sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto a tout pour continuer à monter en puissance. Grâce à un ingénieux système de vérification des transactions, elle est plutôt sûre et inspire une relative confiance, le critère n°1 de solidité d'une monnaie. Par ailleurs, elle profite d'un bel effet de réseau car elle est acceptée par de plus de plus de commerçants curieux ou souhaitant se payer un coup de pub. Mais le principal argument en faveur du Bitcoin est sa neutralité, car il ne dépend d'aucun pouvoir politique, institutionnel ou économique. Impossible, a priori, d'en moduler la circulation afin de manipuler ses cours ; le seul moyen d'en créer est de résoudre de complexes équations. Farouchement libertarien et méritocratique, le Bitcoin est l'incarnation de l'esprit hacker.


lundi 16 décembre 2013

Votre coiffeur est une machine à insights



Si vous pensez que les coiffeurs n’aiment que les conversations stériles autour de la météo ou des prochaines vacances, c’est que vous ne leur posez pas assez de questions ! C’est ce que j’ai fini par comprendre la semaine dernière en discutant au bac à shampooing.


dimanche 17 novembre 2013

Votre Politique, avec ou sans com' ?


"Tu comprends, les gens ne le supportent plus. Ce qu'il fait n'est pas mal, bien sûr, mais là n'est pas le sujet, les gens ne le supportent plus. Quoi qu'il fasse, même des choses bien, cela se retourne contre nous."

François Hollande? Non : Nicolas Sarkozy en avril 2011! Ces quelques lignes sont extraites de Jours de Pouvoir, dernier tome des mémoires de Bruno Le Maire, qui couvre la période allant du remaniement de novembre 2010 au lendemain du 6 mai 2012.


vendredi 11 octobre 2013

L'art de poireauter

 
Vous détestez attendre le bus ou le métro? Moi aussi...

Tous les matins, je cours pour prendre le train de banlieue qui me conduit au boulot. Mais tous les matins, je finis par l'attendre, irrémédiablement. Tant et si bien que pendant une dizaine de jours, je me suis amusé à relever les heures de passage réelles de mes trains habituels*. J'ai ainsi pu observer un retard systématique de 4m37s par jour en moyenne, avec des causes aussi variées que «travaux sur la voie», «avarie de matériel» ou encore «mise en service tardive»...



mercredi 11 septembre 2013

Un réseau social peut-il être réellement anti-social ?


Connaissez-vous Rando? Je suis accro à cette petite application créée il y a quelques mois par un studio anglais (et disponible sur Android, iOS et Windows Phone). Son principe : prendre des photos et les envoyer à d'autres utilisateurs de manière anonyme et aléatoire. Ici pas de profil, de RT ou de like mais une règle simple : pour chaque cliché envoyé on en reçoit un à son tour, avec pour seule information sa provenance géographique. Et impossible d'y répondre : Rando se définit comme une appli "anti-sociale", au sens où les échanges y sont volontairement univoques et réduits à leur plus simple expression. Ou comment trancher avec les ténors du Web comme Google et Facebook, qui ne rêvent que d’ouverture tous azimuts...

Avec plus de 400.000 téléchargements et 10 millions de photos partagées sans aucune promotion, Rando est un joli succès qui en dit long sur notre époque.


dimanche 4 août 2013

Peut-on encore être "original" ?

Vous parler d'un Tumblr qui m'enchante depuis des semaines : Who Wore It Better, créé par Alison Feldish et Derek Frech.

Le titre, qui signifie littéralement "qui le porte le mieux", fait référence aux rubriques de magazines féminins où les stars sont jugées sur leur capacité à porter une même tenue sur le red carpet. Mais ici, ce sont des œuvres d'art similaires que nous sommes invités à contempler. 


samedi 6 juillet 2013

Le glitch, esthétique de l'ère numérique

Les drôles de cartes 3D d'Apple Maps
constituent de beaux exemples de glitch
Cela fait longtemps que je souhaite écrire sur le glitch, ce cousin plus sympa du "bug". En informatique, ce terme, dont l'étymologie renvoie à l'idée de "glissade", désigne un petit dysfonctionnement temporaire. Le concept est ancien mais s'est développé avec la démocratisation de l'électronique grand public et l'explosion du numérique.


samedi 15 juin 2013

Testons les Google Glass


Visiter le campus de Google, c'est un peu comme se rendre à Disneyland. Tout y est : l'immense domaine, les restaurants à thèmes, la boutique de souvenirs et bien sûr les attractions. Parmi elles, plusieurs présentations sur l'avenir du mobile ou de la télévision, une partie de mini-golf Android et surtout, le clou du spectacle, l'équivalent local de Space Moutain : l'essai des fameuses Google Glass qui font fantasmer la planète geek depuis des mois.

Alors alors?


lundi 20 mai 2013

Crowdfunding : le point d'inflexion?



Hasard du calendrier, The Economist et Marie-Claire consacrent cette semaine des papiers au crowdfunding, un système ancien qui semble atteindre son point d'inflexion. En effet, jamais le financement participatif n'aura été aussi observé, étudié, surveillé par les entreprises et les pouvoirs publics. La preuve : le terme vient même de faire son apparition au Journal Officiel! Il faut dire que dans un contexte de récession, toutes les sources de capital sont bonnes à prendre, surtout lorsqu'elles connaissent une croissance aussi spectaculaire : d'après Deloitte, 3 milliards de dollars devraient être investis sur les plateformes de crowdfunding dans le monde en 2013, une somme doublée en 2 ans. Certes, le montant est anecdotique lorsqu'on le compare aux budgets des Etats ou des fonds d'investissement, mais le financement participatif semble voué à exploser tant il présente des avantages.


dimanche 21 avril 2013

La révolution numérique n'est pas seulement technologique



J’ai récemment eu l’honneur d’être convié à un groupe de réflexion présidé par Jacques Attali sur l’économie positive. C’est ainsi que je me suis retrouvé mêlé à une trentaine de jeunes au parcours variés mais toujours placés sous le signe de l’engagement et du développement durable. Objectif de cette «commission junior» : réfléchir, en parallèle à un groupe d’experts composés d’intellectuels, de politiques et de grands patrons, à des propositions afin d’alimenter un nouveau rapport Attali, qui sera remis à François Hollande lors du prochain LH Forum, à l’automne.

Mon rôle dans un ce groupe est celui de «communicant de l’étape», mais comme vous vous en doutez, j’ai préféré parler du thème qui me tient le plus à coeur : l’impact du numérique et les possibilités qu’il offre pour transformer notre quotidien. 


samedi 9 mars 2013

L'émergence d'un "ego-marketing"?



Vous avez probablement vu cette surcouverture apposée sur le Direct Matin du 8 mars. A l’occasion de la journée de la femme, Adopteunmec.com y rend hommage à un certain nombre de filles de tous horizons : des connues, des moins connues, des politiques, des entrepreneuses, des artistes, des journalistes, des amies...

Si l’on imagine mal Michelle Obama se fendre d’un tweet pour remercier à son tour l‘équipe du site de rencontre, il n’est pas étonnant de voir que la couv a bien tourné dans la twittersphère francophone, portée par des heureuses élues qui n’avaient manifestement pas été prévenues (exemples : Bérengère Krief, Dora Moutot ou Diane Lisarelli). Un très beau PR stunt.


dimanche 3 février 2013

La carte numérique et ses territoires


Combien de fois par jour vous servez-vous de cartes numériques? Sans doute beaucoup. Rechercher une adresse sur son ordinateur ou dégainer son téléphone, pour organiser un long trajet comme pour trouver le métro le plus proche, est devenu un réflexe qui en dit long sur la révolution silencieuse en cours.


dimanche 13 janvier 2013

L'innovation est-elle en panne? (réponse : pas vraiment)



L’innovation a-t-elle atteint un plafond de verre après deux siècles de progrès techniques fulgurants? C’est la question qui agite sociologues, économistes et futurologues en ce début d’année.

Internet Actu s’est récemment fait l’écho des craintes du penseur britannique Richard Jones, qui déplore l’absence d’inventions majeures, capables de réellement changer le quotidien. De son côté, The Economist consacre cette semaine un long dossier à ces enjeux. On y retrouve notamment les thèses de l’économiste américain Tyler Cowen, pour qui la crise actuelle est l’arbre qui cache la forêt, car l’innovation serait en panne et les gains de productivité en berne. Pour Cowen, il y aurait de moins en moins de croissance endogène.

De nombreux experts se sont déjà penchés sur la question. Certains avancent l’idée que nous avons déjà inventé tout ce qui pouvait répondre à nos besoins primaires (nourriture, habitation, transport), ce qui limiterait de facto les chances de créer de nouveau quelque chose de révolutionnaire.

Pour les économistes Benjamin Jones et Pierre Azoulay, l’innovation est également ralentie par ce  qu’ils appellent le «fardeau de la connaissance», c’est-à-dire l’accumulation de connaissances à intégrer avant de créer quoi que ce soit. On peut ajouter à ce fardeau celui des innombrables brevets et lois à prendre en compte... Pour Thomas Jamet, enfin, l’innovation tournerait au ralenti car nous ne sommes plus animés du «feu sacré», jadis entretenu par les auteurs de science fiction, qui pousse à créer et nous dépasser.

Mais la vraie question ici c’est «quelle définition donne-t-on à l’innovation?»