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mardi 11 février 2025

Intelligence artificielle et bœuf en gelée


J’échangeais il y a quelques jours avec des étudiants au sujet de l’impact de l’intelligence artificielle sur les industries créatives, dont les médias. Disons-le direct : personne n’en sait rien et le sujet exige une extrême humilité. Mais à défaut de prédictions, on peut toujours s’autoriser quelques conjectures…

L’une de mes hypothèses récurrentes est que l’explosion de l’usage de l’I.A. générative va mécaniquement pousser les industries créatives à déplacer l’emphase du produit créatif au processus créatif lui-même. Plus que jamais, c’est le concept qui comptera plus que l’ouvrage, la réflexion plus que le résultat final. Ce qui vend, c’est l’être — ou le collectif — humain, avec sa patte et sa voix propre. En faisant la démonstration, idée par idée, geste par geste, du chemin qui conduit à l’œuvre, on montre ce qui la rend unique, respectable, désirable.

Du point de vue des médias ou des industries créatives, cela signifiera demain encore davantage de making-ofs ; la publication de livres d’exégèse, de moodboards, de carnets ; l’ouverture systématique aux caméras des studios, des coulisses, des ouvroirs… Une logique qui suit aussi celle des médias sociaux, qui rendent désormais le « para-contenu » presque plus important que l’œuvre elle-même. Le succès d’un morceau, d’une série ou d’un produit tient de plus en plus au « lore », aux memes ou au « reaction videos » qui les entourent. Les créateurs, studios ou marques auront tout intérêt à jouer là-dessus pour ancrer leur vision artistique — et justifier leur prix.

Mais jusqu’où aller dans la transparence ? Où se situe la limite entre dévoiler et révéler, montrer et déflorer ?

Dans À la recherche du temps perdu, Françoise, la domestique du narrateur, est un personnage secondaire mais essentiel. En partie inspirée de la gouvernante de Proust, Céleste Albaret, elle est une présence sans âge (l’auteur prend beaucoup de liberté avec le passage du temps) qui accompagne le jeune écrivain tout au long de sa vie, vers sa maturité artistique. Le narrateur se moque d’elle fréquemment, bien qu’avec une certaine tendresse. Simple d’esprit, mesquine et émotive, Françoise se distingue néanmoins par sa fidélité et ses talents de chef. En cuisine, elle est même comparée à Michel-Ange ! Son chef-d’œuvre culinaire, le bœuf en gelée, est mentionné deux fois dans La Recherche, dès À l’ombre des jeunes filles en fleurs, puis dans Le Temps retrouvé. Un tel placement en miroir, presque en « serre-livres », montre son importance symbolique, comme métaphore de l’Oeuvre d’Art élaborée avec patience et mystère.

Pourquoi parler ici de ce plat de cuisine bourgeoise par excellence ? Dans le 2e tome de la Recherche, Françoise réalise un bœuf en gelée extraordinaire, qui ravit les invités les plus snobs de la maison, tel le diplomate M. de Norpois. Néanmoins, lorsqu’elle est interrogée sur le secret de sa recette, Françoise affirme ne pas savoir comment elle parvient à l’excellence.
« Mais enfin, lui demanda ma mère, comment expliquez-vous que personne ne fasse la gelée aussi bien que vous (quand vous le voulez) ? » « Je ne sais pas d’où ce que ça devient », répondit Françoise (qui n’établissait pas une démarcation bien nette entre le verbe venir, au moins pris dans certaines acceptions et le verbe devenir). Elle disait vrai du reste, en partie, et n’était pas beaucoup plus capable — ou désireuse — de dévoiler le mystère qui faisait la supériorité de ses gelées ou de ses crèmes, qu’une grande élégante pour ses toilettes, ou une grande cantatrice pour son chant. Leurs explications ne nous disent pas grand chose ; il en était de même des recettes de notre cuisinière.
On peut voir dans la réponse de Françoise une ingénuité sincère, la marque du génie de la main des petites gens. On peut aussi y déceler une véritable stratégie de rétention d’information. Car si Françoise livre trop ses secrets, elle devient remplaçable par une autre cuisinière. En jouant la carte de l’ignorance, elle demeure incontournable.

Comment raconter sans dévoiler, transmettre sans banaliser ?

Les modèles d’I.A. fonctionnent comme d’immenses boîtes noires : on ignore quelles données y entrent, comment elles sont digérées, et pourquoi elles répondent comme elles le font. Appliquée aux enjeux liés à l’IA, l’approche de Françoise reviendrait à opposer aux boîtes noires des machines une autre boîte noire, celle d’un savoir-faire hermétique.

Cela concerne bien entendu toutes les formes de création intangibles, mais aussi, demain, les gestes eux-mêmes.

Il y a quelques semaines, j’écoutais Alexandre Boquel, Directeur des Métiers d’Excellence de LVMH, expliquer au Paris Luxury Summit qu’il travaillait à la captation numérique complète de gestes artisanaux afin de préserver les savoir-faire rares et d’assurer leur transmission sur le long terme. Boquel le dit lui-même : il « ne s’interdit rien » comme support d’enregistrement : photos, vidéos, motion capture, I.A… Une initiative qui rappelle celle du Répertoire Numérique du Geste Artisanal, une base de données en ligne sur laquelle on retrouve des dizaines de définitions et vidéos aussi brutes qu’hypnotiques d’artisans au travail.

Dans l’absolu, la démarche d’Alexandre Boquel est juste et respectable — mais que se passerait-il si tous ces gestes étaient demain non plus seulement captés mais décortiqués, dépecés en milliers de données assimilables par une I.A. associée à de la robotique de pointe ? En documentant précisément ces techniques, on peut aussi faciliter leur reproduction par des machines. Le paradoxe est alors clair : en voulant préserver l’authenticité, on risque de favoriser sa disparition.

Ce dilemme, tous les artistes et artisans y seront confrontés demain. Face à l’I.A. généralisée, il faudra de plus en plus faire la démonstration de leur savoir comme de leur savoir-faire ; mais en dévoilant trop, ils s’exposeront à tout perdre. La « tentation du boeuf en gelée » se fera alors grandissante, car ce qui est inexplicable demeure inimitable.


samedi 23 mai 2020

De la légèreté avant toute chose. Comment le Covid-19 transformera en profondeur les contenus


Le confinement est peut-être officiellement terminé mais ses effets se feront sentir pendant plusieurs mois, si ce n’est plusieurs années. Tout d’abord car les crises sanitaire et économique ne sont pas encore derrière nous mais aussi car les goûts des consommateurs en matière de contenus pourraient en ressortir durablement changés.

Stupeur et divertissement 

Nous avons déjà eu l’occasion d’étudier les changements de perceptions et d’attitudes des individus tout au long du confinement. Leur consommation de contenu a aussi beaucoup évolué. La stupeur des premiers jours a d’abord poussé à une recherche frénétique d’informations. Il s’agissait indéniablement de trouver des repères et se rassurer tant bien que mal. L’explosion des audiences des journaux télévisés et les records absolus battus par les allocutions présidentielles en témoignent. Outre l’information, ce besoin de comprendre et trouver du sens s’est même traduit par le succès surprise sur les plateformes de streaming de plusieurs séries et films traitant de pandémies.
 
Cependant, les premières semaines de confinement passées s’est installé une volonté d’escapism, c’est-à-dire de divertissement au sens premier du terme : une fois que l’on a pris connaissance d’une actualité toujours morose, comment se changer les idées ? Dès les premiers jours d’avril, un opérateur télécom confiait ainsi 
au Monde que « le public se précipit[ait] vers la VOD de films “feel good”. » tandis que les séries-doudous comme « Friends » ou « The Office », caractérisées par leur humour bon-enfant et leurs nombreux personnages, ont vu un nouvel afflux d’audience. Enfin, une série de télé-réalité comme « Les Marseillais aux Caraïbes » a aussi battu des records, en dépassant systématiquement le million de téléspectateurs en moyenne par semaine entre fin mars et fin avril (Médiamétrie, mai 2020).

De l’importance d’être léger 

En matière de contenus, « post-confinement » ne veut pas dire « post-Covid 19 ». Il faut maintenant s’attendre à une troisième phase, plus longue et plus profonde, de rattrapage. En effet, les incertitudes engendrées par la situation sanitaire et la dégradation de l’économie devraient continuer à affecter les contenus les plus recherchés par les consommateurs, poussant ainsi les médias à s’ajuster. L’industrie du divertissement figure parmi les premières victimes du Coronavirus ; le besoin croissant d’escapism dans les 18 à 30 mois pourrait ainsi constituer une planche de salut.
 
A ce titre, les historiens du cinéma ont montré que la période 1930-1940, marquée par la Grande Dépression et la 2
nde Guerre Mondiale, constituait parmi les plus belles années de l’âge d’or d’Hollywood. Même en période de profonde instabilité économique et politique, les consommateurs n’hésitaient pas à mettre de l’argent de côté afin de continuer à se rendre au cinéma. Les grands studios multipliaient alors les « screwball comedies », des œuvres au rythme effréné et à l’humour décapant, taillées sur mesure pour éloigner les tracas quotidiens. Ces films étaient souvent marqués par un grand optimisme et la mise en scène de personnes aisées parfois ridicules, parfois fantasques, ce qui permettait de rassurer les spectateurs (« même au plus profond de la crise, il est encore possible d’être riche ») tout autant que les faire rêver.
 
Bien que la situation actuelle soit radicalement différente des années 1930-1940, la période appellera sans doute l’escapism. Demain, les contenus gagnants feront la part belle à l’humour, l’évasion, le spectaculaire ou l’expression personnelle (décoration, cuisine, art, etc.). Signe des temps : Charlie Brooker, créateur de la célèbre série dystopique « Black Mirror », a déclaré 
ne pas souhaiter se pencher sur sa prochaine saison tant que le monde serait aussi sombre. En revanche, il a profité du confinement pour travailler sur… de la comédie.
 
A court terme, ce glissement escapiste restera néanmoins soumis à une importante contrainte : comment produire des contenus en respectant des mesures sanitaires qui demeureront draconiennes ? Un véritable casse-tête pour les tournages, qui pourrait affecter le fond — avec, par exemple, moins de scènes de dialogue rapproché — comme la forme des œuvres, via l’utilisation généralisée d’images de synthèse et doublures numériques.
 
Outre le monde audiovisuel, cette grande quête de légèreté devrait également favoriser les réseaux sociaux dédiés au divertissement et à la créativité individuelle comme Snapchat, Twitch ou TikTok. De même, cela devrait achever d’installer certains jeux vidéo multi-joueurs, colorés et accessibles comme Fortnite, Roblox ou Animal Crossing comme l’une des pierres angulaires de la culture populaire. Enfin, de manière plus indirecte, ce besoin de divertissement se ressentira aussi bien dans les grands médias que dans la publicité, qui doit refléter au plus près la société pour demeurer efficace. Aux marques de saisir l’air du temps afin d’accompagner, temporairement et humblement, les individus à travers la tempête !




mardi 9 octobre 2018

Have we already reached “peak subscription”​?


Some of you already know that I’m really interested — if not obsessed — with the issue of value creation in the new premium content economy.

Recently, several articles caught my attention and got me wondering whether we were witnessing the beginning of a new phase in the current revolution.

Until 2018, the meteoric rise of Spotify’s global membership, Netflix’s soaring pop culture footprint and the NYT’s miracle return to profitability all converged towards one hope: maybe paid subscription was the model of the future, the one thing that could simultaneously save the media, curb intrusive advertising and usher us into a new golden age of TV, music or cinema.

However, a recent report from the equipment firm Sandvine highlighted an interesting phenomenon that was quickly picked up by Motherboard: content piracy seems to be slightly on the rise again. Why? Because the subscription model is so popular that all producers want their slice of the pie and now consumers cannot keep pace with the explosion of exclusive contents and siloed services anymore.

It’s true that things have gotten pretty complex. Each platform now offers multiple plans with various options and sharing possibilities and its has become impossible to access all the best shows/podcasts/music/games/you-name-it at once without spending hundreds of dollars per year. Once disrupted by a few all-you-can-eat players such as Netflix, the content landscape seems to be gradually coming back to being opaque and expensive. And it’s just the beginning: Disney’s acquisition of 21st Century Fox, Comcast’s bid on Sky and the digital giants’ war on talents (think Apple or Amazon’s multi-million exclusivity deals) all point towards more and more walled gardens. Therefore, since consumers’ bank accounts are not as unlimited as Spotify’s catalogue, one should expect a more fickle relationship to paid subscription. According to the consultancy Park Associates, the churn rate for over-the-top video services in America is already over 50%, with the notable exception of Netflix and Amazon Prime. In an ever complex landscape, media players’ main goal will soon be about securing a place among the few un-quittable platforms.

THE RISE OF TWO SUB-MODELS IN THE SUBSCRIPTION REALM

However, don’t go thinking peak subscription means the end of subscription. Expect rather the acceleration of two different sub-models.

First, the return of free, ad-backed content. You read that right — the age of subscription could eventually lead to a partial return of good ol’ advertising backed content. Actually, advertising was never really gone but more and more players are contemplating alternative formulas to lure cash-strapped consumers into their ecosystems. Amazon is reportedly working on a free content app that could benefit from its extraordinary database and its direct connection to e-commerce. Before being acquired by the satellite radio giant SiriusXM, the freemium music service Pandora had bought AdsWizz, an adtech firm specialized in audio advertising. Spotify, which currently has 100 million “free” users, is enjoying substantial growth from video advertising. Finally, advertising-supported video platforms such as Roku are taking off in the US. Against all odds, advertising could remain the prime way to access content, at least not the most premium one.

Second, expect to see more and more bundled offers, providing users with several services at once for a unique fee. For instance, Spotify is already partnering with Hulu and Showtime in a joint $4.99 offer reserved for students and rumours about a Music+Shows+Cloud bundle from Apple are mounting. Some are even foreseeing the rise of “super-bundles”, combining not only media but also real world experiences such as travel or theme parks.

This model represents the best of both worlds. For users, it means lower prices and greater simplicity. For companies, it means super-loyal consumers locked up in all-inclusive ecosystems in which A.I. and recommendation would play a major role.

However, such an approach is incredibly costly as it demands massive amounts of cash to operate various services and subsidize recruitment, at least at launch. This could result in an (even more) oligopolistic market where only a handful of players — Apple, Disney, Amazon, Google… — would dominate everything.

The subscription revolution has only begun but just like a gripping Netflix show, it certainly won’t be as simple and linear as one thinks!


vendredi 3 avril 2015

Les groupes médias sont morts, vive les groupes médias hybrides !

"Benno's TVs" par Stephen Cole
Vous l’avez sûrement remarqué : depuis plusieurs mois, le paysage média se transforme à vue d’œil sous l’effet d’un double phénomène.

Tout d’abord, on assiste à une montée en puissance de nouveaux acteurs venus du numérique dont le dynamisme et l’ambition sont si grands que l’on ne saurait les qualifier de simples «pure players». Qu’on l’aime ou non, des acteurs comme Buzzfeed (dont je parlais déjà il y a quelques mois), Upworthy ou Playbuzz font bouger les lignes de la presse, aussi bien dans le fond (nouveaux publics, nouveaux thèmes, nouveaux modèles économiques) que dans la forme (nouveaux modes de narration, nouveaux leviers marketing). De même, les géants du Web tentent à leur manière de repenser les modes de production et diffusion des contenus comme Yahoo! avec son application News Digest ou Snapchat avec son service Discover.

Pour autant, cette effervescence ne signifie pas que les grands médias historiques restent apathiques voire se laissent faire. Au contraire : après des années d’observation et de tâtonnements, ils sont désormais particulièrement actifs et multiplient les acquisitions chez les pure players.
Dreamworks a ainsi racheté la chaîne Youtube AwesomenessTV en mai 2013 pour 33m$, avant d’en revendre 25% à Hearst en décembre 2014, pour plus de 81m$ (notez la plus-value sympathique). De même, Disney a fait l’acquisition de Maker Studios pour 500m$ en mai 2014 tandis que RTL s’est offert la chaîne Stylehaul pour 107m$ quelques mois plus tôt. Plus proches de nous : Canal+ a pris de une participation de 60% dans Studio Bagel il y a un an et Prisma n’en finit plus de racheter des startups, dont la régie vidéo Advideum début 2014 ou encore le développeur Recatch il y a quelques jours.


mardi 12 août 2014

Buzzfeed et Vice, deux approches du journalisme mais une seule (énorme) ambition

 

Début juillet, Buzzfeed annonçait travailler sur une nouvelle application uniquement dédiée au décryptage de l'actualité. Un projet qui s'annonce ambitieux, puisque le pure player compte y affecter pas moins de six journalistes à temps plein. En effet, son créateur, Jonah Peretti, souhaite en faire un outil d'expérimentation pour bousculer les modèles traditionnels de journalisme et privilégier une approche de l'information plus simple et adaptée aux usages mobiles.


samedi 9 mars 2013

L'émergence d'un "ego-marketing"?



Vous avez probablement vu cette surcouverture apposée sur le Direct Matin du 8 mars. A l’occasion de la journée de la femme, Adopteunmec.com y rend hommage à un certain nombre de filles de tous horizons : des connues, des moins connues, des politiques, des entrepreneuses, des artistes, des journalistes, des amies...

Si l’on imagine mal Michelle Obama se fendre d’un tweet pour remercier à son tour l‘équipe du site de rencontre, il n’est pas étonnant de voir que la couv a bien tourné dans la twittersphère francophone, portée par des heureuses élues qui n’avaient manifestement pas été prévenues (exemples : Bérengère Krief, Dora Moutot ou Diane Lisarelli). Un très beau PR stunt.


vendredi 21 décembre 2012

Ce que le "Insta-gate" dit de nous

  "Tiens Instagram, tu peux réutiliser librement cette photo", dixit le journaliste Olivier Tesquet
Vous le savez sans doute : Instagram s'est récemment trouvé au cœur d'un scandale après avoir annoncé un changement de ses conditions d'utilisation. En cause : quelques mots interprétés comme traduisant la volonté de revendre les photos de ses utilisateurs sans les rémunérer. Résultat : des millions de status, tweets, et billets de mécontentement, et autant de déclarations de boycott de la célèbre plateforme de photographie. Encore aujourd'hui, beaucoup d'utilisateurs et de médias comme National Geographic, qui a suspendu son compte jusqu'à nouvel ordre, restent dubitatifs quant à la protection de leurs données malgré les démentis de son fondateur Kevin Systrom. En réalité, Instagram ne touchera pas aux photos mais compte bien monétiser les interactions de ses membres avec les marques qui y feront de la publicité.
Ce qui me frappe, c'est à quel point "l'Insta-gate" ressemble point par point à un autre scandale qui a secoué le Web 2.0 il y a à peine 3 mois. 



samedi 13 octobre 2012

Génération(s) Y et monde du travail


Alexander Calder, The Y, 1960
Vendredi matin j'étais au Hub Forum, gigantesque pince-fesses 2.0 réunissant de nombreux décideurs du numérique, des médias et de la pub.
J'ai notamment assisté à une table ronde très intéressante sur les rapports particuliers qu'entretient la génération Y avec le monde de l'entreprise. Sur scène pour discuter de ce sujet, quelques habitués de la question : Francoise Gri,  présidente de Manpower Europe du sud, Yves Grandmontagne, DRH de Microsoft France et surtout Alexandre Malsch, fondateur du groupe média digital meltyNetworks, aussitôt étiqueté "régional de l'étape" par l'animateur David Abiker. Et pour cause : Malsch n'a que 27 ans... ce qui ne l'empêche pas d'être a la tête d'un mini-empire qui attire 11 millions de visiteurs par mois et vient de boucler une levée de fonds qui n'a rien a envier à celles de ses modèles californiens.



mardi 21 août 2012

Medium réinventera-t-il le Web 2.0?

Décidément, les fondateurs de Twitter ne se reposent pas sur leurs lauriers! Tandis que Jack Dorsey veut réinventer le paiement mobile et nous précipiter dans un futur "cashless" avec Square (qui vient d'ailleurs de signer un partenariat avec Starbucks), Biz Stone et Evan Williams, également papas de Blogger, viennent de créer Medium. Objectif : "repenser la manière dont nous publions des contenus sur Internet". Tranquille.


lundi 12 mars 2012

L'Odyssée de Cartier et le retour des longues pub


Dimanche 4 mars, j'ai regardé avec quelques 8,2 millions de personnes le mégaspot de Cartier diffusé sur TF1. 3 minutes 30 secondes à suivre les pérégrinations un brin kitsch de la panthère emblème de la marque, soit l'équivalent de 7 publicités classiques mises bout à bout! Le roi des joailliers s'est fait pour l'occasion roi du prime-time en privatisant un écran complet, stratégie assez rare et d'autant plus spectaculaire qu'elle a été déployée simultanément dans 29 pays avec force battage médiatique. Une campagne d'envergure exceptionnelle dans tous les sens du terme (la seule production aurait coûté 4 millions d'euros selon Les Echos).

Reste que, quelques minutes plus tard, TF1 diffusait une publicité pour la nouvelle Peugeot 107 ; un spot aux couleurs acidulés, très girly... et deux fois plus long que la moyenne! De quoi relativiser -un peu- l'effet coup de poing de "l'Odyssée de Cartier"...



lundi 4 juillet 2011

Deux-trois trouvailles, 5

Network par Dominique K via Flickr
Devinette : que fait-on lorsqu'on manque de temps pour écrire? On fait de la curation bien sûr (mais un minimum rédigée quand même)! Voici une petite sélection d'articles intéressants parus ces derniers jours.
Bonne lecture!


samedi 21 mai 2011

Le livre électronique et le nouvel âge d'or du journalisme de fond

Il y a quelques jours a paru aux Etats-unis Into the Forbidden Zone de William T. Vollmann (auteur du très remarqué Central Europe). Cet ouvrage, qui traite des effets de la catastrophe de Fukushima sur les japonais, a pour particularités d'être très court (une soixantaine de pages) et surtout de n'être disponible qu'en format électronique. Il ne s’agit en outre que du deuxième livre édité par une jeune start-up du nom de Byliner, qui s’est donné pour mission de diffuser des e-books de taille limitée (jusqu’à 35.000 mots), signés par de grandes plumes et vendus au prix unique de 2,99$. 



dimanche 17 avril 2011

Vers l'écran total?

La Braun FS-80, chef d'oeuvre du design industriel signé Dieter Rams (1964)
(image amateur)
Je viens de finir Penser la société de l'écran, un bouquin récemment publié par le professeur Divina Frau-Meigs aux Presses de la Sorbonne Nouvelle. Si ce petit ouvrage paraîtra aussi aride qu'un annuaire coréen à quiconque ne prépare pas de thèse en infocom (dont moi), il offre un bel éclairage sur un objet anodin mais appelé à prendre toujours plus d'importance dans nos vies.


dimanche 13 février 2011

Quand les Strokes et Lady Gaga réapprennent la patience au web

La pochette d'Angles, créée à partir d'une œuvre de l'artiste belge Guy Pouppez
Il s’est passé quelque chose de bizarre la semaine dernière. Je m’explique :
  • Mercredi 9, les Strokes ont sorti Under Cover of Darkness leur premier morceau en cinq ans, sans que rien n’ait filtré jusque là sur Internet, mis à part un extrait de quelques secondes uploadé "par erreur" quelques jours plus tôt. Les blogs musicaux les plus pointus ont salué ce "retour aux formes" et Under Cover of Darkness est toujours #1 du classement Hype Machine ;
  • Vendredi 11, Lady Gaga a dévoilé Born This Way, premier single de son prochain album à paraître en mai. De même, aucun extrait n’avait circulé sur Internet, si ce n’est une version a cappella du refrain chantée lors des MTV VMAs, en septembre. En vente en téléchargement légal à partir de 15h, Born This Way est entré en tête des ventes iTunes dans 21 pays.
Ça ne vous frappe pas? Deux événements musicaux majeurs qui, à deux jours d’intervalle, reposaient sur les mêmes principes de secret et d’attente. Deux événements qui semblent avoir réappris (temporairement) la patience aux twittersphère et blogosphère.


mercredi 2 février 2011

Wikileaks a-t-il gagné ou perdu?

Wikileaks, FTW ou WTF?
Difficile d’entamer un article sur Wikileaks tant il semble que tout a été dit sur le sujet! J’ai moi-même écrit un article en faisant une analyse croisée avec 4chan, en août dernier. Il faut dire que le site web, dont on oublie qu’il existe depuis 2006, a su en quelques mois marquer son époque.

Si cette entreprise a rencontré un tel écho politique et culturel, c’est qu’au-delà de son aspect radical et spectaculaire, elle concentre la plupart des attributs de la post-modernité : transparence, obsession de la mise en scène et surtout défiance généralisée envers tous les pouvoirs.


lundi 27 septembre 2010

La mort de la culture de masse?


Il y a quelques jours, le journaliste Anand Giridharadas consacrait sa chronique au New York Times au déclin de la culture de masse.



lundi 30 août 2010

Slate repousse-t-il les limites du New Journalism?

Le prochain album de Kanye West, Dark Twisted Fantasy devrait sortir en novembre prochain. En attendant, le rappeur est en promo... mais accorde très peu d'interviews aux média traditionnels. En revanche, il sature les réseaux sociaux de messages en tous genres, que ce soit sur Youtube, Facebook, son blog et surtout sur Twitter. C'est à partir de cette "montagne" d'informations mises à jour en permanence que le pop critic Jonah Weiner a reconstitué pour Slate un portrait complet de l'artiste sans le rencontrer ou même lui poser une question!


lundi 9 août 2010

Les contenus sponsorisés au secours de la presse?

Qui n’a jamais lu, juste pour rire, un publireportage? Ces vrais-faux articles peuplent la presse magazine (en particulier les féminins), et semblent postuler que le lecteur ne sait pas faire la différence entre un communiqué de presse maquillé et un véritable travail journalistique. Le problème, c’est que quand on se trouve face à une page entièrement consacrée aux différentes façons d’accomoder l’huile d’olive Puget pour préparer un apéritif "fada" (sic), ça ne fait pas illusion... Pourtant, je suis persuadé que cette forme de publicité a de beaux jours devant elle, et qu’elle pourrait même être une porte de sortie de crise parmi d’autres pour la presse écrite.


dimanche 25 juillet 2010

Culture générale et saturation d'informations

Le blog Japan Probe, spécialisé -comme son nom l'indique- dans la culture japonaise, consacrait cette semaine un court article aux "trivia", ces petits bouts de connaissance du type "le saviez-vous?". Pourquoi? Tout simplement parce les japonais en sont fous.
Du métro, où des écrans placés en hauteur diffusent en permanence des quizzes pour divertir les passagers, aux emballages de biscuits, recouverts d'infos parfois sans aucun rapport avec le produit, les trivia sont en effet omniprésents au pays du soleil levant. Ils y sont appréciés pour la simple et bonne raison qu'ils constituent une source inépuisable de sujets de conversation en société. Une vision très prosaïque de la culture générale que déplore l'auteur -japonaise- de l'article.


samedi 10 juillet 2010

Télévision et Internet : vraie-fausse synergie?

Une récente étude réalisée par l'institut Nielsen pour le compte de Yahoo! confirme ce que tout le monde avait sans doute déjà remarqué : surfer sur Internet tout en regardant la télévision est devenu une seconde nature pour les ¾ des américains.
Du coup, les producteurs se prennent à rêver de synergie TV/Internet renforcée du genre séries TV prolongée par des contenus  online  > buzz et audience accrues, ou publicité TV renvoyant à un site internet > efficacité maximale.
Le problème, comme le relève le magazine MediaWeek, c'est que les choses ne sont pas aussi simples...